Nigeria : Les États-Unis annoncent l’élimination d’un haut responsable de l’État islamique
Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé une nouvelle opération militaire conjointe menée avec les forces du Nigeria contre un important dirigeant affilié à l’État islamique actif en Afrique de l’Ouest. Selon Washington, l’opération a permis de neutraliser Abu-Bilal al-Minuki, présenté par l’administration américaine comme l’un des principaux responsables internationaux du groupe extrémiste.
L’annonce a été faite vendredi par Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Le président américain a salué une mission qu’il a qualifiée de « complexe » et « minutieusement préparée », menée en coordination avec les forces armées nigérianes.
Selon la Maison Blanche, cette opération viserait à affaiblir les capacités opérationnelles mondiales de l’État islamique, particulièrement dans la région du Sahel et dans le bassin du lac Tchad, où plusieurs groupes affiliés restent actifs.
Les autorités du Nigeria n’avaient toutefois pas confirmé officiellement ces informations dans l’immédiat. L’homme visé par l’opération figurait depuis plusieurs années sur les listes de sanctions américaines en raison de ses liens présumés avec les réseaux jihadistes régionaux.
Washington affirme qu’Abu-Bilal al-Minuki, également connu sous le nom d’Abu Bakr al-Mainuki, était originaire de l’État de Borno, dans le nord-est nigérian, une région qui demeure l’un des principaux foyers de l’insurrection armée depuis plus de quinze ans.
Depuis 2009, le Nigeria fait face à une violence persistante alimentée par différents groupes jihadistes. Les attaques armées, les enlèvements de masse et les affrontements avec les forces de sécurité continuent de fragiliser plusieurs régions du pays, notamment dans le nord-est, le nord-ouest et le centre-nord.
Cette nouvelle opération illustre également le renforcement de l’implication américaine dans les questions sécuritaires ouest-africaines. Ces derniers mois, le Pentagone a intensifié son partage de renseignements avec Nigeria, accéléré certaines ventes d’équipements militaires et déployé des instructeurs destinés à former les troupes nigérianes.
L’armée américaine avait déjà mené des frappes ciblées dans l’État de Sokoto lors des fêtes de Noël, dans le cadre d’opérations coordonnées contre des combattants affiliés à l’État islamique.
La situation sécuritaire régionale reste particulièrement préoccupante pour les partenaires occidentaux. Les groupes liés à l’État islamique poursuivent leurs activités au Niger, au Burkina Faso et au Mali, où les violences jihadistes continuent de déstabiliser plusieurs zones frontalières.
Début avril, le département d’État américain avait d’ailleurs autorisé le départ du personnel non essentiel de Abuja en raison de la dégradation du contexte sécuritaire.
Les déclarations répétées de Donald Trump sur de prétendues persécutions ciblant les chrétiens au Nigeria alimentent néanmoins le débat diplomatique. Les autorités nigérianes ainsi que plusieurs spécialistes des conflits africains contestent cette lecture, estimant que les violences touchent indistinctement communautés musulmanes et chrétiennes dans les zones affectées par l’insurrection.
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