Notation de crédit : l’ONU alerte sur un système dépassé qui freine le développement des pays du Sud
Le système international de notation de crédit est aujourd’hui dans le viseur des Nations unies. Lors d’une réunion spéciale du Conseil économique et social (ECOSOC), l’organisation a dénoncé un mécanisme jugé « obsolète », qui pénalise de nombreux pays en développement en limitant leur accès aux financements internationaux.
Au cœur des critiques : des évaluations souvent fondées sur des données jugées incomplètes ou dépassées. Selon la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, ces pratiques faussent la perception du risque et conduisent à des conditions d’emprunt plus coûteuses pour les États concernés. Résultat, ces pays se retrouvent désavantagés sur les marchés mondiaux des capitaux, malgré des besoins urgents en financement.
La notation de crédit, qui mesure la capacité d’un État à rembourser ses dettes, joue un rôle déterminant dans le coût des emprunts. Une mauvaise note entraîne des taux d’intérêt plus élevés, ce qui alourdit encore davantage la charge financière des pays déjà fragiles. Dans ce contexte, l’ONU souligne que l’accès à un financement adéquat et rapide constitue un levier essentiel pour atteindre les objectifs de développement durable.
Les chiffres avancés sont préoccupants. Le coût annuel du service de la dette mondiale atteint environ 1.400 milliards de dollars. Plus de 3,4 milliards de personnes vivent aujourd’hui dans des pays où les dépenses liées à la dette dépassent celles consacrées à la santé ou à l’éducation. Une situation qui illustre, selon l’ONU, l’urgence de réformer les mécanismes actuels.
Face à ce constat, l’organisation appelle à une transformation en profondeur des critères de notation souveraine. Elle plaide pour une approche plus équilibrée, prenant en compte non seulement les risques économiques, mais aussi les opportunités de croissance et d’investissement à long terme. L’objectif est de passer d’une logique dominée par la spéculation à court terme à une vision axée sur le développement durable.
Cette réflexion s’inscrit dans le cadre de l’Engagement de Séville, adopté lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement. L’initiative vise à instaurer un dialogue entre États, agences de notation, investisseurs et régulateurs afin de repenser les méthodologies utilisées et leur impact sur les économies les plus vulnérables.
Pour les Nations unies, il ne s’agit plus seulement de corriger des dysfonctionnements techniques, mais de repenser un système global afin qu’il devienne un véritable moteur de financement pour un développement plus équitable.
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