Noureddine Bensouda, une carrière au service de l’État marocain
Depuis plus de trois décennies, son nom est étroitement associé à la gestion des finances publiques marocaines. Discret mais omniprésent dans les arcanes de l’administration, Noureddine Bensouda a façonné une grande partie des politiques fiscales et budgétaires du Royaume. Juriste de formation, haut fonctionnaire de carrière, il aura occupé deux des postes les plus sensibles du ministère des Finances : la Direction Générale des Impôts puis la Trésorerie Générale du Royaume. Un parcours rare, qui l’a placé au cœur des grandes réformes économiques du Maroc contemporain.
Une formation d’excellence
Né en 1963 à Rabat, Noureddine Bensouda grandit dans un environnement marqué par l’importance accordée à l’éducation et au service public. Très tôt, il intègre le prestigieux Collège Royal, institution connue pour former les futures élites administratives et politiques du pays.
Après l’obtention d’une licence en droit en 1983, il poursuit un cursus universitaire approfondi en sciences juridiques. Son goût pour les questions fiscales et financières le conduit à approfondir ses recherches, jusqu’à l’obtention d’un doctorat à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, puis d’un doctorat d’État au Maroc. Cette double formation académique, à la fois marocaine et internationale, lui permet d’acquérir une solide expertise qui va rapidement attirer l’attention des décideurs publics.
Les premiers pas au ministère des Finances
À la fin des années 1980, Noureddine Bensouda rejoint l’administration marocaine. Il intègre le ministère des Finances où il occupe d’abord des fonctions techniques, avant de gravir progressivement les échelons.
Ses compétences en matière de droit fiscal et de gestion administrative lui valent d’être nommé chargé d’études, puis chef de cabinet au sein du ministère. Cette période marque le début d’une ascension régulière dans l’appareil d’État. Il se distingue par une approche méthodique, une grande rigueur et une parfaite maîtrise des dossiers.
À la tête de la Direction Générale des Impôts
L’année 1999 constitue un tournant décisif dans sa carrière. En février, il est nommé directeur général des impôts. Il restera à ce poste pendant plus de dix ans, une longévité exceptionnelle dans une fonction exposée et stratégique.
Sous sa direction, l’administration fiscale marocaine entame une modernisation progressive. Digitalisation des procédures, amélioration du recouvrement, simplification des démarches pour les contribuables : plusieurs chantiers structurants sont lancés. Bensouda s’impose alors comme l’un des principaux artisans de la professionnalisation de l’appareil fiscal.
Durant cette période, il représente également le Maroc dans plusieurs instances internationales consacrées à la coopération fiscale et à la lutte contre la fraude. Son expertise est reconnue bien au-delà des frontières nationales.
2010 : L’arrivée à la Trésorerie Générale du Royaume
Le 26 avril 2010, une nouvelle étape majeure s’ouvre pour Noureddine Bensouda. Sa Majesté le Roi Mohammed VI le nomme Trésorier Général du Royaume. Il prend ainsi la tête d’une institution stratégique chargée de la gestion des dépenses publiques, du paiement des salaires des fonctionnaires, du recouvrement de certaines recettes et du pilotage de la trésorerie de l’État.
À ce poste, il devient l’un des principaux garants de l’équilibre financier du pays. Son rôle ne se limite pas à une gestion comptable : il supervise la modernisation des procédures, l’introduction de nouveaux outils numériques, et la coordination entre les différentes administrations financières.
Sous son mandat, la Trésorerie Générale du Royaume renforce sa dimension de service public moderne. Les paiements électroniques se développent, les procédures administratives se dématérialisent, et les relations avec les collectivités territoriales gagnent en efficacité.
Un acteur central des réformes publiques
Durant plus d’une décennie, Noureddine Bensouda accompagne de nombreux chantiers structurants : réforme des finances locales, amélioration du contrôle des dépenses publiques, modernisation du système de gestion budgétaire.
Dans ses rares interventions publiques, il insiste régulièrement sur la nécessité d’une gouvernance rigoureuse, d’une meilleure transparence et d’une utilisation optimale des ressources publiques. Son style, loin des projecteurs, privilégie le travail technique et la continuité de l’action administrative.
Les professionnels du secteur le décrivent comme un technocrate méthodique, peu porté sur la communication mais redoutablement efficace dans l’exécution des politiques publiques.
Reconnaissance nationale et internationale
Au fil des années, son action lui vaut plusieurs distinctions honorifiques. En 2024, la France lui décerne notamment la médaille de Chevalier de la Légion d’honneur, saluant son engagement en faveur de la coopération financière internationale.
Cette reconnaissance vient confirmer l’influence acquise par le haut fonctionnaire marocain dans les réseaux mondiaux spécialisés dans la gestion des finances publiques.
2026 : La fin d’un long cycle
Aujourd’hui, après plus de quinze ans passés à la tête de la Trésorerie Générale du Royaume, Noureddine Bensouda quitte officiellement ses fonctions. Son départ intervient dans un contexte marqué par la mise en œuvre d’importantes réformes, notamment la nouvelle loi sur la fiscalité locale entrée en vigueur en 2025.
L’intérim de l’institution est confié à Abdellatif Amrani, en attendant la nomination d’un successeur permanent. Cette transition marque la fin d’une longue séquence durant laquelle Bensouda aura été l’un des piliers de l’architecture financière marocaine.
Un héritage durable
Avec plus de trente ans au service de l’État, dont près d’un quart de siècle à des postes de première responsabilité, Noureddine Bensouda laisse derrière lui une administration profondément transformée.
Sa carrière illustre le rôle déterminant des hauts fonctionnaires dans la stabilité et la modernisation des institutions publiques. Homme de dossiers plus que de discours, il aura incarné une certaine idée du service public : exigeante, rigoureuse et discrète.
Alors que le Maroc poursuit ses réformes économiques et budgétaires, l’empreinte laissée par Noureddine Bensouda continuera longtemps d’influencer la gestion des finances publiques nationales.
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