Nouvelle-Zélande : le pétrole complique la trajectoire de la politique monétaire
La remontée persistante des prix mondiaux du pétrole pourrait compliquer le reflux de l’inflation en Nouvelle-Zélande dans les prochains mois. La gouverneure de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande, Anna Breman, a averti mardi que le maintien de cours énergétiques élevés pourrait conduire l’inflation à dépasser légèrement les anticipations établies par la banque centrale.
S’exprimant à Dunedin, dans le sud du pays, la gouverneure a indiqué que les prix du pétrole constituaient désormais un facteur susceptible de modifier les perspectives d’inflation à court terme. Selon elle, si les cours restent élevés, l’évolution des prix pourrait être moins favorable qu’anticipé dans les dernières projections de l’institution.
Le pétrole ajoute une pression sur les prix
La hausse des coûts de l’énergie intervient alors que les taux d’intérêt à long terme progressent eux aussi. Pour Anna Breman, ces deux évolutions illustrent les difficultés auxquelles l’économie néo-zélandaise demeure confrontée malgré les signes d’amélioration de l’activité.
L’énergie représente en effet un facteur particulièrement sensible pour la dynamique des prix. Une période prolongée de pétrole cher pourrait ralentir la désinflation et contraindre la banque centrale à maintenir une politique monétaire plus restrictive pendant plus longtemps.
La Banque de réserve doit ainsi composer avec deux impératifs : poursuivre la maîtrise des tensions inflationnistes tout en évitant de fragiliser davantage une reprise économique encore progressive.
Une reprise économique attendue plus solide
Malgré ces incertitudes, la gouverneure estime que l’activité devrait progressivement gagner en vigueur. La reprise pourrait notamment être soutenue par les exportations et par une remontée graduelle des dépenses des ménages.
Cette amélioration reste toutefois exposée à plusieurs risques, notamment l’évolution des prix de l’énergie et des conditions financières. La progression des taux à long terme constitue un autre élément susceptible de peser sur les décisions d’investissement et de consommation.
L’enjeu pour la banque centrale sera donc de calibrer son action en fonction de l’évolution simultanée de l’inflation, de la croissance et des conditions financières.
Un taux directeur porté à 2,75 %
La Banque de réserve a relevé en septembre son principal taux directeur de 25 points de base, le portant à 2,75 %.
L’institution avait parallèlement signalé qu’elle envisageait une poursuite plus progressive du resserrement monétaire, alors qu’une partie des marchés financiers anticipait un rythme potentiellement plus rapide.
Les prochaines décisions dépendront notamment de l’évolution des données économiques et des conditions internationales. La banque centrale maintient ainsi une approche fondée sur les perspectives d’inflation à moyen terme plutôt que sur les seules fluctuations de court terme.
L’inflation devrait ralentir, mais reste élevée
Les projections de la Banque de réserve tablent sur un ralentissement modéré de l’inflation au troisième trimestre. Celle-ci devrait atteindre 3,9 % sur un an, contre 4,1 % au trimestre précédent.
Cette trajectoire pourrait toutefois être affectée par la persistance de prix pétroliers élevés. Un renchérissement durable de l’énergie risquerait de ralentir la baisse de l’inflation et de réduire la marge de manœuvre dont dispose la banque centrale.
La question est donc désormais de savoir dans quelle mesure le choc énergétique restera temporaire ou s’installera suffisamment longtemps pour modifier les perspectives de prix.
Une nouvelle décision attendue le 28 octobre
La prochaine réunion de politique monétaire de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande est programmée pour le 28 octobre.
Anna Breman a indiqué que l’institution continuera d’examiner les données disponibles ainsi que les évolutions économiques internationales avant de prendre sa prochaine décision, avec une attention particulière portée aux perspectives d’inflation à moyen terme.
De leur côté, les marchés financiers intègrent actuellement une probabilité d’environ 75 % d’un relèvement du taux directeur à 3 %.
L’évolution des cours du pétrole constituera donc l’un des paramètres à surveiller d’ici à cette échéance, alors que la banque centrale cherche à accompagner la reprise économique tout en poursuivant la maîtrise de l’inflation.
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