ONU : la Turquie propose Feridun Sinirlioglu au poste de secrétaire général
La Turquie a proposé la candidature de Feridun Sinirlioglu, actuel secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), au poste de secrétaire général des Nations unies. Annoncée vendredi par des sources au ministère turc des Affaires étrangères citées par l’agence Anadolu, cette décision intervient alors que le processus de sélection du prochain chef de l’ONU peine à faire émerger un candidat consensuel.
Selon Anadolu, le représentant permanent de la Turquie auprès des Nations unies, Ahmet Yildiz, a transmis aux présidents de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité une lettre de nomination du président turc, Recep Tayyip Erdogan. Contactée par l’Agence France-Presse (AFP), la porte-parole du président de l’Assemblée générale n’a toutefois pas été en mesure de confirmer cette information. La mission turque auprès de l’ONU n’avait pas répondu aux sollicitations au moment de la publication.
Un processus de sélection dans l’impasse
Ankara justifie cette candidature par l’impasse dans laquelle se trouverait le processus de sélection. Le septième vote indicatif organisé à huis clos au Conseil de sécurité vendredi n’a pas permis de dégager un favori susceptible de rallier un soutien suffisant.
Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, est arrivée de nouveau en tête du scrutin, devant l’Argentin Rafael Grossi, qui dirige actuellement l’Agence internationale de l’énergie atomique, et Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana. La diplomate émiratie Lana Nusseibeh, qui a récemment rejoint la course, s’est classée quatrième en nombre de votes.
Lors d’un précédent scrutin, aucun des sept candidats alors en lice n’avait réussi à éviter un vote négatif d’au moins l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Chacun de ces pays dispose d’un droit de veto susceptible de bloquer une candidature.
L’ancien président sénégalais Macky Sall, qui figurait parmi les prétendants, s’est depuis retiré de la course.
Une succession stratégique pour les Nations unies
Le prochain secrétaire général devra succéder au Portugais António Guterres, dont le deuxième mandat s’achève à la fin de l’année. Pour être recommandé par le Conseil de sécurité, un candidat doit obtenir au moins neuf voix sur quinze et ne pas faire l’objet d’un veto de l’un des cinq membres permanents.
Une fois cette recommandation adoptée, le nom du candidat est soumis à l’Assemblée générale des Nations unies, qui procède à sa nomination. En pratique, elle suit la recommandation du Conseil de sécurité.
La succession d’António Guterres revêt un enjeu diplomatique important, alors que les divisions entre grandes puissances compliquent la recherche d’un consensus au sein de l’organisation.
L’Amérique latine et la représentation des femmes au cœur des débats
Selon une tradition géographique qui n’a pas toujours été respectée, l’Amérique latine estime que le prochain secrétaire général devrait être issu de sa région. Plusieurs pays soutiennent également l’idée de confier, pour la première fois dans l’histoire de l’ONU, le poste à une femme.
La candidature de Feridun Sinirlioglu ajoute ainsi un nouveau prétendant à une course déjà marquée par les rivalités diplomatiques et l’absence de consensus. Son arrivée pourrait modifier les équilibres entre les candidats, alors que les États membres cherchent à identifier une personnalité capable de réunir un soutien suffisamment large au Conseil de sécurité.
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