ONU : Les Palestiniens demandent à Donald Trump de freiner l’annexion israélienne
La question palestinienne revient au centre des tensions diplomatiques internationales. À l’ONU, l’ambassadeur palestinien Riyad Mansour, entouré des représentants des pays arabes et musulmans, a appelé les États-Unis à intervenir pour freiner ce qu’il décrit comme une « accélération de l’annexion » des territoires palestiniens par Israël.
Cette prise de parole, organisée au siège des Nations unies à New York, intervient dans un contexte régional particulièrement explosif marqué par les affrontements à Gaza, les tensions au Liban et la confrontation grandissante impliquant Israël, l’Iran et les États-Unis.
Riyad Mansour interpelle directement Donald Trump
Face à la presse, le représentant palestinien a choisi de s’adresser directement au président américain Donald Trump, estimant que Washington demeure le seul acteur capable d’exercer une pression réelle sur le gouvernement israélien.
Riyad Mansour a rappelé les déclarations antérieures de Donald Trump opposées à toute forme d’annexion territoriale, appelant l’administration américaine à traduire cette position en action diplomatique concrète.
Selon lui, l’absence d’intervention internationale favorise la poursuite des politiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.
Le diplomate palestinien considère que la situation actuelle dépasse désormais le cadre d’une occupation prolongée et s’apparente à une transformation durable du territoire susceptible de compromettre définitivement la perspective d’un État palestinien viable.
Les pays arabes et musulmans dénoncent une transformation du terrain
Autour du représentant palestinien, les membres du groupe arabe ainsi que ceux de l’Organisation de la coopération islamique ont exprimé leurs inquiétudes face à l’évolution de la situation en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Les diplomates présents accusent Israël de modifier progressivement les réalités géographiques et démographiques à travers l’expansion des colonies, les restrictions imposées aux Palestiniens, les déplacements forcés et le contrôle militaire renforcé sur plusieurs zones.
L’ambassadeur saoudien Abdulaziz Alwasil a dénoncé ce qu’il qualifie de stratégie destinée à installer un contrôle permanent sur les territoires palestiniens et à empêcher l’émergence d’un État souverain et territorialement cohérent.
Du côté de l’Organisation de la coopération islamique, la représentante turque adjointe Fikriye Asli Güven a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à adopter des mesures urgentes pour mettre fin aux opérations d’annexion et aux politiques de colonisation.
Le Conseil de sécurité sous pression
Les responsables palestiniens et plusieurs États arabes reprochent au Conseil de sécurité son incapacité à agir efficacement face à la détérioration de la situation.
Pour Riyad Mansour, l’inaction diplomatique internationale contribue indirectement à renforcer les politiques israéliennes sur le terrain.
Cette séquence intervient alors que les tensions régionales détournent une partie de l’attention internationale vers d’autres fronts de crise au Moyen-Orient, notamment les affrontements impliquant l’Iran, les opérations militaires israéliennes à Gaza et l’instabilité persistante au Liban.
Les diplomates arabes estiment que ce contexte permet à Israël d’accélérer certaines décisions stratégiques dans les territoires palestiniens tout en bénéficiant d’un environnement géopolitique favorable.
Washington au centre du jeu diplomatique
Malgré les critiques adressées aux États-Unis par plusieurs pays de la région, les responsables palestiniens considèrent toujours Washington comme un acteur incontournable dans toute tentative de désescalade.
Cette position souligne le paradoxe diplomatique auquel se trouvent confrontés les Palestiniens : solliciter l’intervention du principal allié d’Israël afin de contenir la politique du gouvernement israélien.
Pour plusieurs observateurs, cette démarche illustre également les limites actuelles des mécanismes multilatéraux de l’ONU dans la gestion du conflit israélo-palestinien, alors que les équilibres régionaux restent profondément fragilisés.
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