ONU : Mahmoud Abbas alerte sur Gaza et la Cisjordanie depuis Ramallah
Privé de déplacement aux États-Unis, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’est adressé jeudi à l’Assemblée générale des Nations unies par l’intermédiaire d’un message vidéo préenregistré depuis Ramallah. Son intervention a principalement porté sur la situation dans les territoires palestiniens, les violences à Gaza et en Cisjordanie ainsi que l’avenir de la solution à deux États.
La participation à distance de la délégation palestinienne avait été autorisée par l’Assemblée générale le 17 septembre. Une résolution adoptée par 152 voix contre 3, avec 4 abstentions, permet notamment au président palestinien de transmettre une intervention préenregistrée lorsque ses représentants ne peuvent participer physiquement aux réunions de l’ONU.
Abbas accuse Israël et alerte sur l’avenir de l’État palestinien
Dans son intervention, Mahmoud Abbas a accusé Israël de mener, selon ses termes, une « guerre génocidaire » à Gaza et de laisser s’intensifier les violences commises par des colons en Cisjordanie occupée.
Le président palestinien a également dénoncé les démolitions de logements, les restrictions de circulation, les raids et l’expansion des colonies. Il a présenté ces éléments comme autant d’obstacles à la création d’un État palestinien et a estimé que la situation menaçait désormais directement la présence et l’avenir de la population palestinienne sur son territoire.
Mahmoud Abbas a appelé les membres de l’ONU à empêcher, selon son expression, « une nouvelle Nakba » et de nouveaux massacres comparables à ceux de 1948.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de conflit prolongé à Gaza et de fortes tensions en Cisjordanie. Les déclarations du président de l’Autorité palestinienne constituent sa lecture politique de la situation et des responsabilités des différentes parties.
Une intervention à distance après le refus de visa américain
L’intervention de Mahmoud Abbas intervient alors que les États-Unis lui ont refusé un visa lui permettant de participer en personne à la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale à New York, pour la deuxième année consécutive. L’ONU avait précisément adopté le mécanisme permettant à la Palestine de participer à distance face à cette situation.
Depuis Ramallah, le président palestinien a contesté les motifs avancés par Washington pour justifier cette décision. Il a affirmé que l’Autorité palestinienne avait engagé un programme de réformes et respectait ses engagements en matière de droit international.
L’ONU rappelle de son côté que l’accès des délégations aux Nations unies est encadré par l’accord relatif au siège de l’Organisation conclu avec les États-Unis. La résolution adoptée en septembre 2026 souligne notamment les dispositions concernant la circulation des représentants des États membres vers le siège de l’ONU.
Un appel au Conseil de sécurité
Mahmoud Abbas a également appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à intervenir face à la situation dans les territoires palestiniens.
Son intervention intervient dans le cadre de la 81e session de l’Assemblée générale, dont le débat général se tient à New York du 22 au 28 septembre 2026. La semaine de haut niveau rassemble les dirigeants et représentants de nombreux États autour des principaux dossiers internationaux.
Le président de l’Autorité palestinienne a fait de la préservation des territoires destinés à accueillir un futur État palestinien l’un des principaux axes de son intervention. Il a également appelé à protéger les populations qui y vivent, en présentant cette démarche comme une condition préalable à la préservation de la solution à deux États.
La reconnaissance de l’État palestinien au cœur du débat diplomatique
Mahmoud Abbas a par ailleurs rappelé la progression de la reconnaissance internationale de l’État de Palestine, citant notamment la France parmi les pays ayant franchi cette étape lors de la précédente Assemblée générale.
Cette question demeure au centre des débats diplomatiques autour du conflit israélo-palestinien. Lors de la session précédente, plusieurs États avaient annoncé ou officialisé leur reconnaissance de l’État de Palestine, tandis que Washington et Israël s’y opposaient.
À travers son intervention à distance, Mahmoud Abbas a donc placé la question palestinienne au cœur de son message à l’Assemblée générale, en appelant les Nations unies à agir sur la protection des populations, la préservation du territoire palestinien et la perspective d’une solution politique.
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