Or au Maroc : le marché ralentit après des mois de flambée des prix
Après plusieurs mois de hausse spectaculaire, le marché de l’or au Maroc montre enfin des signes d’accalmie. La baisse progressive des cours internationaux commence à se faire sentir dans les grandes places commerciales du Royaume, notamment à Casablanca et Fès, où les commerçants observent un retour timide des clients dans les quartiers spécialisés dans la bijouterie.
Depuis le début de l’année 2026, le métal jaune avait atteint des niveaux historiques sur les marchés mondiaux, porté par les tensions géopolitiques et l’incertitude économique internationale. L’once d’or avait même approché les 5 000 dollars, alimentant une flambée des prix au niveau local. Aujourd’hui, la situation semble légèrement se stabiliser grâce au recul du dollar américain et aux ventes massives effectuées par certains grands investisseurs internationaux.
Au Maroc, où les prix de l’or sont directement liés aux cotations mondiales et convertis en dirhams selon les références de Bank Al-Maghrib, cette tendance baissière se traduit par un recul du prix du gramme, notamment pour l’or 18 carats. Une évolution qui attire de nouveau les consommateurs, particulièrement à l’approche de la saison des mariages, période traditionnellement marquée par une forte demande en bijoux et parures.
Dans de nombreuses familles marocaines, l’achat d’or reste un élément central des préparatifs nuptiaux. La moindre baisse des prix est donc perçue comme une occasion favorable pour compléter le trousseau de mariage ou réaliser des achats longtemps reportés.
Du côté des artisans et commerçants, le climat reste toutefois empreint de prudence. Dans les ateliers de la médina de Marrakech, plusieurs bijoutiers expliquent que cette baisse n’est pas forcément synonyme de bonnes affaires pour les professionnels. Beaucoup disposent encore de stocks achetés à des prix élevés lors des précédentes hausses. Revendre aujourd’hui à des tarifs plus bas risque donc de réduire fortement leurs marges bénéficiaires.
Au-delà de son aspect commercial, l’or conserve au Maroc son statut de valeur refuge. Dans un contexte où de nombreux épargnants restent méfiants envers certains placements financiers, le métal précieux continue d’être considéré comme un moyen sûr de préserver son patrimoine. Cette récente baisse suscite ainsi des réactions partagées : elle encourage de nouveaux acheteurs, mais inquiète aussi ceux qui possèdent déjà de l’or et craignent une dépréciation temporaire de leurs avoirs.
Les autorités suivent également l’évolution du secteur avec attention. L’importation d’or brut demeure strictement réglementée par les institutions marocaines et réservée à des opérateurs agréés. Ce système permet de limiter certaines pratiques spéculatives, même s’il réduit parfois la capacité du marché local à réagir rapidement aux variations internationales.
Dans les souks et les galeries commerciales de Rabat, une même interrogation domine désormais : cette baisse marque-t-elle une simple pause après une envolée exceptionnelle, ou annonce-t-elle un véritable retournement du marché mondial de l’or ? Les spécialistes restent prudents et rappellent que les tensions internationales ainsi que la forte demande des banques centrales continuent de soutenir les cours à long terme.
En attendant une orientation plus claire, les vitrines des bijouteries retrouvent progressivement leur animation. Car au Maroc, l’or dépasse largement sa seule valeur financière : il demeure profondément lié aux traditions, au patrimoine familial et aux moments les plus importants de la vie.
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