OTAN : Pedro Sánchez balaie les rumeurs de suspension de l’Espagne par Washington
Le climat est électrique au sein de l’Alliance atlantique, mais Madrid garde son sang-froid. En ouverture du sommet des dirigeants de l’Union européenne à Chypre, ce vendredi 24 avril 2026, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a réagi avec fermeté aux informations de presse suggérant que les États-Unis envisageraient de suspendre l’Espagne de l’OTAN. Une menace qui ferait suite à l'opposition catégorique de Madrid à l'offensive militaire menée contre l'Iran.
« Un partenaire fiable » malgré les pressions
C’est en anglais, pour s'assurer d'être entendu par ses alliés internationaux, que le chef du gouvernement espagnol a tenu à rassurer ses partenaires : « L’Espagne est un partenaire fiable au sein de l’Otan et nous remplissons nos obligations envers l’Alliance ». Interrogé sur les fuites évoquant des discussions internes à Washington pour évincer Madrid, Pedro Sánchez a balayé ces spéculations d'un revers de main, martelant n'avoir aucune « inquiétude ».
Le Premier ministre a précisé que sa diplomatie ne se gérait pas sur la base de rumeurs ou d'échanges de courriels fuités dans les médias, mais uniquement sur des « documents officiels » et les positions formelles du gouvernement américain.
Le refus des bases andalouses : point de rupture avec Donald Trump
Cette crise diplomatique trouve sa source dans le refus de l’Espagne de servir de base arrière au conflit déclenché fin février contre Téhéran par les États-Unis et Israël. Madrid a en effet refusé l'utilisation des bases militaires situées en Andalousie pour des frappes aériennes, invoquant le respect strict de la « légalité internationale ».
Cette fermeté a provoqué l'ire du président américain Donald Trump. Au-delà de l'accès aux bases, la Maison-Blanche reproche à l'Espagne son refus de porter ses dépenses militaires à 5 % du PIB, le nouvel objectif drastique imposé par Washington au sein de l'organisation. Donald Trump est allé jusqu'à menacer de « cesser tout commerce » avec l'Espagne si celle-ci ne s'alignait pas sur ses priorités stratégiques.
Un isolement relatif au sein de l'Alliance
Si l'Espagne maintient sa ligne, elle n'est pas la seule à opposer une fin de recevoir aux « plans B » américains dans la région. Le Maroc, voisin stratégique de l'autre côté du détroit, a lui aussi récemment décliné l'idée de servir de plateforme de substitution pour frapper l'Iran.
Pour Pedro Sánchez, cette épreuve de force est avant tout une question de principes. En rappelant que l'action de son pays s'inscrit toujours dans le cadre du droit international, il renvoie la balle dans le camp des États-Unis, pariant sur le fait que l'Alliance ne peut se permettre, malgré les menaces de Donald Trump, de se fracturer en pleine zone de turbulences mondiales.
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