Ovins australiens : le Maroc reste à sec malgré l’ouverture promise du marché
Il y a exactement un an, l’Australie annonçait l’ouverture officielle de son marché aux importations de moutons marocains. L’objectif : répondre à une demande estimée à 100 000 têtes pour reconstituer des cheptels durement touchés par plusieurs années de sécheresse. Pourtant, à ce jour, aucune livraison n’a été effectuée.
À l’époque, le Conseil australien des exportateurs de bétail (ALEC) saluait cette opportunité, soulignant la qualité du bétail australien, son statut sanitaire irréprochable et la fiabilité de l’approvisionnement. Douze mois plus tard, ces promesses restent lettres mortes, au moment où le Maroc annonce la fin d’une sécheresse longue de sept ans.
Négociations et obstacles logistiques
Mark Harvey-Sutton, directeur général de l’ALEC, reconnaît qu’« aucun accord commercial n’a permis de concrétiser ces exportations ». Les coûts élevés liés au transport sur une distance aussi longue et la complexité logistique ont pesé sur la viabilité économique du projet. Selon lui, l’intérêt marocain était réel, mais ponctuel, et le pays continue de s’approvisionner auprès d’autres origines, notamment l’Espagne, l’Amérique du Sud ou la Géorgie. L’atout principal de l’Australie demeure la biosécurité et la garantie d’un cheptel exempt de maladies.
Fin programmée des exportations et recomposition du secteur
Cette déconvenue intervient alors que l’Australie prévoit d’arrêter les exportations de moutons vivants par voie maritime à partir du 1ᵉʳ mai 2028, dans le cadre d’une transition déjà engagée. Harvey-Sutton souligne les difficultés rencontrées par les entreprises australiennes de la chaîne d’approvisionnement et estime que le soutien proposé reste insuffisant, notamment en raison de la nécessité fréquente de cofinancer les aides pour bénéficier des subventions.
En parallèle, les exportations australiennes de moutons vers le Moyen-Orient connaissent une baisse : 318 820 têtes ont été expédiées en 2025, contre 418 724 en 2024 et 632 409 en 2023. Les exportations de bovins vers l’Indonésie devraient, elles, reprendre en 2026 avec une première allocation de 600 000 têtes.
Des tensions persistantes et un cadre normatif renforcé
Le refus de livrer des moutons au Maroc survient dans un contexte de forte attention médiatique sur le bien-être animal lors des transports maritimes. Après plusieurs polémiques, l’industrie australienne a introduit des solutions technologiques pour améliorer le suivi des animaux pendant les périodes à risque et renforcer la transparence tout au long de la chaîne d’approvisionnement. L’objectif est d’assurer une meilleure protection des animaux et d’étendre la responsabilité des acteurs jusqu’aux installations en aval, comme les parcs d’engraissement et les abattoirs.
Si l’option australienne reste théoriquement ouverte, sa concrétisation semble aujourd’hui compromise, laissant le Maroc poursuivre ses importations de bétail vivant selon des circuits plus traditionnels.
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