Advertising
Advertising
  • Fajr
  • Lever du soleil
  • Dhuhr
  • Asr
  • Maghrib
  • Isha

Pakistan : Asim Munir, désormais intouchable, consolide son statut d’homme fort

Samedi 15 Novembre 2025 - 11:01
Pakistan : Asim Munir, désormais intouchable, consolide son statut d’homme fort

Déjà considéré comme l’un des responsables les plus influents du Pakistan, le maréchal Asim Munir vient d’obtenir un nouveau titre et une immunité à vie, grâce à une réforme constitutionnelle controversée adoptée jeudi. Un texte qui, selon plusieurs analystes, fait officiellement de lui “l’homme le plus puissant du pays”.

L’amendement confère au chef d’état-major unifié le titre de “chef des forces de Défense”, regroupant sous une seule autorité l’armée de terre, l’aviation et la marine, pour un mandat de cinq ans. Jusqu’ici, Asim Munir, à la tête de l’armée de terre depuis novembre 2022, exerçait déjà une influence majeure sur l’ensemble de l’appareil militaire.

Avant d’accéder aux plus hautes fonctions, il avait occupé des postes clés : quartier-maître général, chef du renseignement militaire et, brièvement, patron des puissants services extérieurs (ISI), dont il avait été évincé par l’ex-Premier ministre Imran Khan en 2019.

La donne a changé après la chute de ce dernier : le gouvernement de Shehbaz Sharif l’a porté à la tête de l’armée, puis, en mai, une guerre éclair contre l’Inde — qui l’a placé au centre de l’attention — a conduit à sa promotion au rang de maréchal. Un grade rarissime, décerné auparavant à un seul homme : le dictateur Ayub Khan, auteur du coup d’État de 1958.

Une immunité qui fait polémique

La réforme va encore plus loin : tout maréchal conservera désormais son grade et ses privilèges à vie, et restera hors de portée de poursuites pénales.

Pour Aqil Shah, politologue à Georgetown, cette évolution relève du “légalisme autocratique”, rendant caduc l’article 6 de la Constitution qui criminalise les coups d’État militaires. Un autre analyste, le lieutenant-général à la retraite Naeem Khalid Lodhi, estime que “le maréchal Asim Munir est devenu l’homme le plus puissant du Pakistan”, pointant la responsabilité des politiciens dans cette concentration de pouvoirs.

Sollicitée, l’armée n’a pas souhaité commenter.

Selon Shuja Nawaz, spécialiste de l’Asie du Sud, les partis proches de l’establishment militaire — aujourd’hui au pouvoir après l’incarcération d’Imran Khan — cherchent à “renouveler leur assurance” en s’assurant du soutien d’Asim Munir jusqu’aux élections de 2029. Son mandat, en tant que chef des forces de Défense, court en effet jusqu’en 2030.

Il le compare même à Pervez Musharraf, l’ancien général devenu président en 1999 : un militaire entouré d’un Premier ministre affaibli, capable de remodeler l’architecture de l’armée.

Une puissance militaire, mais un pays affaibli

Très présent sur la scène internationale — il a notamment été reçu en privé par le président américain Donald Trump — Asim Munir incarne depuis plusieurs mois la diplomatie sécuritaire du Pakistan.

Mais sa montée en puissance ne règle pas les fondamentaux. Face à l’Inde, les tensions restent fortes ; et selon Shuja Nawaz, le pays ne dispose ni de l’économie robuste ni de la stabilité politique nécessaires pour rivaliser.

“Le futur du Pakistan dépend d’une économie solide et d’un système politique stable. Aujourd’hui, il n’a ni l’un ni l’autre”, résume l’analyste.



Lire la suite

Ce site, walaw.press, utilise des cookies afin de vous offrir une bonne expérience de navigation et d’améliorer continuellement nos services. En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.