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Pékin recadre les médias étrangers à Hong Kong lors d’une réunion exceptionnelle
L’Agence de sécurité nationale chinoise à Hong Kong a convoqué samedi plusieurs représentants de médias internationaux pour une réunion qualifiée de « concertation », au cours de laquelle elle les a accusés de diffuser de fausses informations et de ternir l’image du gouvernement local. Une démarche inhabituelle qui s’inscrit dans un climat déjà tendu autour de la liberté de la presse dans l’ancienne colonie britannique.
Des journalistes de plusieurs grandes rédactions étrangères ont été appelés à se présenter au Bureau de la sauvegarde de la sécurité nationale (OSNS), créé en 2020 après l’imposition par Pékin d’une vaste loi sur la sécurité nationale. Cet organe, composé d’agents chinois opérant officiellement dans la ville, mène des enquêtes et poursuit les personnes soupçonnées d’atteintes à la sécurité nationale.
Dans un communiqué publié en ligne peu après la réunion, l’OSNS a accusé certains médias étrangers d’avoir « ignoré les faits » et « déformé l’action du gouvernement », notamment dans la couverture de l’incendie tragique qui a ravagé un complexe résidentiel le 26 novembre, faisant au moins 159 morts. Selon les autorités, certaines publications auraient « exploité la tragédie » pour critiquer les institutions locales.
La déclaration, lue par un responsable resté anonyme pendant la réunion, a aussi reproché à la presse internationale d’interférer dans les élections du Conseil législatif prévues le 7 décembre. Aucun exemple concret de reportage problématique n’a été fourni et les questions des journalistes sur ces accusations sont restées sans réponse.
L’OSNS a rappelé aux médias la « ligne rouge légale » à ne pas franchir, avertissant que toute action perçue comme hostile aux intérêts de la Chine serait sévèrement sanctionnée. « Le Bureau ne tolérera aucune action des éléments anti-Chine et fauteurs de troubles », a écrit l’agence dans son communiqué.
Cette convocation intervient dans un contexte où la dissidence à Hong Kong a été largement étouffée depuis la mise en place de la loi sur la sécurité nationale en 2020, adoptée après les manifestations massives de 2019. Les autorités ont également arrêté ces derniers jours plusieurs personnes pour sédition en lien avec des publications jugées inappropriées après l’incendie.
Depuis 2021, la réforme électorale impose qu’uniquement des « patriotes » puissent siéger au Conseil législatif, réduisant encore davantage les espaces d’expression publique. Le scrutin du 7 décembre se déroulera ainsi sous un cadre politique hautement contrôlé.
Dans ce contexte, la convocation des médias internationaux confirme la volonté de Pékin de resserrer encore l’étau autour de la presse à Hong Kong, jadis considérée comme l’un des environnements médiatiques les plus libres d’Asie.