Plantes médicinales : le PJD rejette la disparition de l’ANPMA
Le débat autour de l’avenir de Agence nationale des plantes médicinales et aromatiques prend une tournure politique. Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son secrétariat général du 7 mars 2026, le Parti de la justice et du développement a exprimé son opposition au projet de loi n°25.038 prévoyant la dissolution de cette institution dédiée à la valorisation des plantes médicinales et aromatiques.
Pour le parti, cette mesure risque d’affaiblir une filière agricole et industrielle considérée comme stratégique pour l’économie nationale. Le PJD estime que l’Agence devrait plutôt être renforcée et dotée de moyens supplémentaires afin de poursuivre ses missions de recherche, de structuration du secteur et de valorisation des ressources naturelles du Maroc.
Une filière liée à la richesse biologique du Maroc
Créée en 2015 pour succéder à l’Institut national des plantes médicinales et aromatiques, l’ANPMA a pour mission de développer la recherche scientifique et de structurer un secteur à fort potentiel. Le Maroc possède en effet une biodiversité remarquable dans ce domaine : plus de 4.200 espèces de plantes médicinales et aromatiques ont été recensées, dont environ 800 endémiques. Près de 400 d’entre elles sont utilisées pour leurs propriétés thérapeutiques ou aromatiques.
Selon le PJD, la disparition de cette structure pourrait freiner les efforts visant à valoriser ce patrimoine naturel et à développer une industrie capable de générer de la valeur ajoutée.
Des inquiétudes pour la province de Taounate
Le parti met également en avant l’impact territorial que pourrait avoir la dissolution de l’Agence, notamment pour la province de Taounate où elle est implantée. Dans son communiqué, la formation politique estime que la fermeture de l’établissement priverait cette zone rurale d’une institution universitaire créée par la loi et susceptible de dynamiser l’enseignement supérieur dans la région.
Le projet de loi prévoit notamment le transfert du patrimoine de l’Agence vers Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès ainsi que le redéploiement de son personnel vers l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Pour le PJD, ces mesures reviendraient de facto à mettre fin aux activités de l’institution.
Une décision jugée contraire aux objectifs de développement territorial
Au-delà de l’aspect institutionnel, le parti estime que cette orientation contredit les politiques publiques visant à réduire les inégalités territoriales. Selon lui, la disparition de l’ANPMA irait à l’encontre des objectifs de justice territoriale et de valorisation des ressources locales, souvent mis en avant dans les stratégies nationales de développement.
Le PJD appelle ainsi à consolider l’Agence plutôt qu’à la dissoudre, considérant qu’elle peut jouer un rôle important dans la structuration d’un secteur capable de soutenir l’économie rurale et de renforcer l’innovation scientifique.
Un secteur économique non négligeable
La filière des plantes médicinales et aromatiques représente également un enjeu économique. La production nationale est estimée à environ 140.000 tonnes par an, dont la grande majorité provient de la cueillette de plantes spontanées. Les cultures organisées restent encore limitées mais pourraient se développer avec un meilleur encadrement scientifique.
Sur le plan international, le Maroc figure parmi les exportateurs de ce type de produits. Le pays occupe environ la 12ᵉ place mondiale avec près de 52.000 tonnes de plantes exportées chaque année et environ 5.000 tonnes d’huiles essentielles destinées aux marchés étrangers. L’Europe constitue la principale destination, mais les exportations s’étendent également vers des marchés comme le Japon, le Canada ou la Suisse.
Les plantes marocaines alimentent plusieurs secteurs : l’industrie alimentaire, la cosmétique, la parfumerie, l’aromathérapie ainsi que l’industrie pharmaceutique. Autant d’activités qui expliquent l’importance stratégique accordée à cette filière par plusieurs acteurs politiques et économiques.
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