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Plateformes numériques : le défi d’une régulation équilibrée entre concurrence et innovation
Le Conseil de la concurrence a ouvert, ce mercredi 5 novembre 2025, la quatrième édition de sa conférence internationale consacrée cette année aux plateformes numériques, un secteur en pleine mutation qui redéfinit la manière de produire, de distribuer et de consommer. Cette rencontre réunit experts, décideurs et chercheurs autour d’un enjeu majeur : comment réguler ces acteurs puissants sans freiner l’innovation qui les anime.
Un secteur au cœur de la transformation économique
Les plateformes numériques qu’il s’agisse de géants mondiaux ou d’acteurs émergents transforment en profondeur les modèles économiques traditionnels. Elles favorisent la croissance et l’accès à de nouveaux marchés, mais peuvent aussi concentrer la richesse et créer des déséquilibres. Face à ces mutations, le Conseil de la concurrence souhaite concilier régulation proactive et liberté d’entreprendre, dans un cadre transparent, équitable et adapté aux spécificités africaines et arabes.
Anticiper les positions dominantes sans bloquer l’innovation
Lors de la séance inaugurale, le président du Conseil, Ahmed Rahhou, a souligné la pertinence du thème :
« C’est un sujet incontournable, abordé dans le monde entier, mais chaque région y fait face avec ses propres réalités.»
Selon lui, les plateformes jouent un rôle central dans l’économie moderne, en permettant aux opérateurs traditionnels d’élargir leurs activités. Mais leur puissance croissante peut entraîner une concentration excessive de la valeur, soulevant des questions de justice économique et de durabilité.
M. Rahhou a également reconnu les limites des outils classiques de régulation de la concurrence : les notions de prix, de position dominante ou de dépendance ne suffisent plus à appréhender les dynamiques propres au numérique. D’où la nécessité, selon lui, d’anticiper les situations de monopole tout en préservant la capacité d’innovation des entreprises, notamment des start-up locales.
Entre liberté du marché et régulation préventive
Le président du Conseil a rappelé que la régulation varie d’un pays à l’autre. Certaines économies adoptent une approche préventive dite de régulation étendue, tandis que d’autres, comme les États-Unis, privilégient la liberté du marché. Ces divergences traduisent une tension persistante entre encadrement et libéralisation, un équilibre que le Maroc cherche aujourd’hui à définir dans son propre cadre économique.
Des enjeux sociaux et éthiques incontournables
Au-delà de la concurrence, la conférence a également mis l’accent sur les impacts sociaux des plateformes numériques. Ahmed Rahhou a insisté sur la nécessité d’assurer un encadrement équitable du travail en ligne, notamment dans les secteurs de la livraison ou du transport, pour éviter toute dérive vers la précarité.
« L’innovation ne doit pas se faire au détriment des droits sociaux », a-t-il rappelé.
Autre point central : la protection des données. Le président a souligné que la sécurité des informations personnelles et professionnelles doit être garantie, tout en veillant à ne pas brider la créativité technologique. Trouver le juste milieu entre protection, transparence et développement est devenu un enjeu stratégique pour les autorités de régulation.
Une réflexion collective pour accompagner la mutation numérique
Pour conclure, Ahmed Rahhou a appelé à une collaboration entre les institutions, les chercheurs et les acteurs du marché afin de construire une approche scientifique et durable de la régulation numérique.
« Ce n’est pas seulement aux autorités d’agir. Le monde académique a un rôle essentiel à jouer pour éclairer les décisions et accompagner cette transition. »
Ainsi, à travers cette conférence, le Conseil de la concurrence ambitionne de placer le Maroc au cœur du débat international sur la gouvernance numérique, en promouvant une vision équilibrée : celle d’une économie ouverte, innovante et équitable.