Polémique autour des moutons : Ahmed El Bouari corrige ses déclarations
La question du prix des moutons destinés à l’Aïd Al-Adha continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique et de la sphère politique. Lundi, la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants a été marquée par de vifs échanges autour du coût du sacrifice et de l’état du cheptel national, après des déclarations controversées du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Ahmed El Bouari.
Face aux interrogations des députés concernant la flambée des prix observée dans plusieurs marchés du Royaume, le ministre a défendu la capacité du marché national à couvrir les besoins de l’Aïd. Selon les chiffres présentés devant les parlementaires, l’offre disponible atteindrait près de 9 millions de têtes d’ovins et de caprins, alors que la demande nationale serait estimée entre 6 et 7 millions de têtes.
Le ministre a également assuré que les souks connaissent une offre abondante, avec des prix variant selon les régions et le gabarit des animaux. Cependant, une déclaration sur les tarifs pratiqués a rapidement suscité la controverse. Devant les députés, Ahmed El Bouari a affirmé que certains moutons étaient proposés à « 1.000, 1.500, 2.500 ou 3.000 dirhams », précisant avoir personnellement visité plusieurs marchés pour constater les prix sur le terrain.
Ces propos ont immédiatement provoqué des réactions au sein de l’hémicycle. Plusieurs élus de l’opposition ont contesté l’existence de moutons à 1.000 dirhams dans les marchés marocains, jugeant cette estimation déconnectée de la réalité vécue par les ménages. Le président du groupe Haraki, Driss Sentissi, a notamment dénoncé des déclarations susceptibles, selon lui, « d’induire les Marocains en erreur ».
Le climat s’est ensuite fortement tendu entre plusieurs députés, notamment du Parti de la justice et du développement, et le président de séance Driss Chetibi. Les échanges houleux ont conduit à la suspension puis à la levée de la séance parlementaire.
Face à la polémique grandissante, Ahmed El Bouari est revenu sur ses déclarations afin de les corriger. Le ministre a reconnu une erreur concernant le seuil évoqué et a finalement précisé que les prix observés dans les souks commencent plutôt autour de « 2.000 à 2.500 dirhams », selon les catégories de bétail et les marchés concernés.
Le responsable gouvernemental a toutefois maintenu que l’offre nationale demeure suffisante pour répondre à la demande à l’échelle du Royaume. Il a également estimé que les prix pourraient connaître une baisse progressive dans les prochains jours, à mesure que l’approvisionnement des marchés se poursuit à l’approche de l’Aïd Al-Adha.
Cette séquence intervient dans un contexte social particulièrement sensible. Depuis plusieurs semaines, de nombreuses familles marocaines expriment leurs inquiétudes face à la hausse continue des prix du bétail, malgré les assurances répétées des autorités concernant l’abondance du cheptel national et les mesures annoncées pour lutter contre la spéculation.
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