Politique marocaine : les négociations gouvernementales se poursuivent après l’annonce de Baraka
La formation du prochain gouvernement marocain connaît un nouveau développement. Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, a annoncé, samedi 3 octobre, à Salé, que le Conseil national du Parti authenticité et modernité (PAM) avait décidé de s’opposer à la participation du Rassemblement national des indépendants (RNI) au prochain gouvernement.
Cette annonce a été faite lors de la session extraordinaire du Conseil national de l’Istiqlal. Elle intervient alors que les principales formations politiques poursuivent leurs consultations en vue de la constitution de la future majorité parlementaire. Selon le récit de cette réunion, les propos de Nizar Baraka ont suscité des applaudissements et des acclamations parmi les participants.
Le PAM précise son positionnement dans les négociations
La décision attribuée au Conseil national du PAM intervient dans une phase importante des consultations politiques. Le 30 septembre, une délégation du RNI conduite par son président, Mohamed Chouki, avait rencontré les représentants du PAM dans le cadre des discussions consacrées à la formation du prochain gouvernement.
Réuni en session extraordinaire à Skhirat, le Conseil national du PAM a également confié à Fatima Zahra El Mansouri la conduite des négociations avec les partis représentés au Parlement. Cette responsabilité doit permettre à la formation de définir ses options et de poursuivre les discussions relatives à la constitution de la future majorité.
La position concernant le RNI, annoncée par Nizar Baraka, constitue un élément supplémentaire dans ces négociations. Ses conséquences dépendront toutefois des décisions officielles des partis concernés et de l’évolution des discussions.
Le RNI avait exprimé sa disponibilité à participer au gouvernement
Avant la réunion de son Conseil national, le Rassemblement national des indépendants avait fait part de sa disposition à participer au prochain gouvernement. Le parti avait néanmoins précisé que la décision définitive concernant son positionnement politique reviendrait à ses instances compétentes.
Cette démarche s’inscrit dans le processus de consultation interne du RNI, alors que les discussions se poursuivent sur la composition de la prochaine équipe gouvernementale.
La position annoncée au sujet du RNI ouvre ainsi une nouvelle phase d’incertitude dans les négociations. Il convient toutefois de distinguer l’annonce rapportée par Nizar Baraka de la formulation exacte de la décision du PAM, qui doit être établie à partir des documents officiels du parti.
L’Istiqlal examine les conditions de sa participation
Parallèlement, le Conseil national du Parti de l’Istiqlal s’est réuni à Salé afin d’examiner les conditions d’une éventuelle participation au prochain gouvernement.
Nizar Baraka a rappelé que la décision d’intégrer l’exécutif ou de rejoindre l’opposition relève des instances décisionnelles du parti. Il a précisé que la consultation du Conseil national après les élections était prévue afin de permettre aux membres de se prononcer collectivement sur cette question.
Le secrétaire général a également présenté les grandes lignes de la proposition exposée par Fatima Zahra El Mansouri lors de sa rencontre avec la direction de l’Istiqlal, le 28 septembre. Selon son compte rendu, cette proposition repose sur la formation d’un gouvernement cohérent, structuré autour de pôles sectoriels complémentaires et d’engagements destinés à améliorer l’efficacité de l’action publique.
Pour l’Istiqlal, cette proposition doit être évaluée au regard du programme électoral du parti et des engagements pris devant les électeurs. Nizar Baraka a ainsi appelé les membres du Conseil national à prendre leur décision en tenant compte des responsabilités politiques et nationales de leur formation.
L’emploi et le pouvoir d’achat parmi les priorités
Au-delà des négociations sur la composition du gouvernement, Nizar Baraka a présenté plusieurs dossiers qu’il estime prioritaires pour le prochain exécutif. La lutte contre le chômage, la protection du pouvoir d’achat et l’amélioration des conditions de vie figurent parmi les principaux enjeux évoqués.
Le secrétaire général de l’Istiqlal a également insisté sur l’insertion des jeunes, le renforcement de la participation des femmes à la vie économique et sociale, ainsi que la consolidation de la classe moyenne. Il a appelé à accorder une attention particulière aux populations défavorisées et aux catégories les plus vulnérables.
Le développement territorial et l’équilibre entre les régions figurent également parmi les sujets abordés. Nizar Baraka a par ailleurs évoqué les dossiers relatifs à l’autonomie et à la souveraineté marocaines, qu’il considère comme des enjeux importants pour le prochain gouvernement.
Les répercussions internationales au cœur des préoccupations
Les tensions géopolitiques internationales et les fluctuations des cours du pétrole et du dollar ont également été évoquées par le responsable de l’Istiqlal. Ces évolutions peuvent avoir des répercussions sur les coûts d’importation et les prix intérieurs, avec des conséquences potentielles sur le pouvoir d’achat des ménages.
Nizar Baraka a aussi mentionné les relations du Maroc avec l’Espagne et l’Union européenne, ainsi que les enjeux du développement territorial et la situation des Marocains résidant à l’étranger.
Ces dossiers économiques, sociaux et diplomatiques devraient compter parmi les sujets à prendre en considération dans les discussions relatives au programme du prochain gouvernement.
La composition de la future majorité reste à préciser
Les résultats des élections législatives du 23 septembre constituent le point de départ des négociations en cours. Le PAM a obtenu 97 sièges à la Chambre des représentants, devant le RNI, qui en a remporté 66. Le Parti de l’Istiqlal figure également parmi les formations dont le positionnement sera déterminant dans les discussions sur la future majorité.
Dans ce contexte, les décisions des conseils nationaux définissent les orientations des partis et leurs marges de négociation. La position attribuée au PAM concernant la participation du RNI constitue un nouvel élément de ces discussions, sans permettre de déterminer à elle seule la composition du prochain exécutif.
L’issue des consultations dépendra des décisions officielles des formations politiques, des compromis éventuels et des accords qui seront annoncés dans les prochains jours.
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