Polycrise et résilience : le pari économique du gouvernement marocain
Face à une conjoncture internationale et nationale particulièrement instable, marquée par des chocs successifs et des tensions multiples, le gouvernement marocain met en avant sa capacité d’adaptation et de pilotage économique. Un document émanant de la présidence du gouvernement revient sur les choix stratégiques opérés afin de préserver les équilibres macroéconomiques tout en soutenant une dynamique de croissance appelée à se renforcer à l’horizon 2026.
La période récente a été qualifiée de « polycrise », tant les défis se sont superposés : effets durables de la pandémie, tensions géopolitiques internationales, pressions inflationnistes mondiales, mais aussi crises internes telles que le séisme d’Al Haouz et la persistance de la sécheresse. Dans ce contexte, l’exécutif affirme avoir maintenu le cap en consolidant les fondamentaux économiques du pays.
Une croissance progressivement consolidée et tirée par le secteur non agricole
L’évolution du produit intérieur brut (PIB) illustre une trajectoire de reprise progressive. Après un rebond marqué en 2021, la croissance a ralenti en 2022 avant de retrouver une dynamique plus stable en 2023 et 2024. Les projections officielles annoncent une accélération graduelle, avec une croissance proche de 5 % à l’horizon 2026.
Cette résilience repose en grande partie sur la performance des secteurs non agricoles, devenus le principal moteur de l’activité économique. Leur contribution régulière a permis de compenser les fluctuations du secteur agricole, fortement dépendant des conditions climatiques. La succession d’années de sécheresse a en effet entraîné un recul notable de la valeur ajoutée agricole, renforçant la nécessité d’une diversification économique plus structurée.
Cette évolution traduit une transformation progressive du modèle de croissance, de plus en plus décorrélé des aléas climatiques et davantage soutenu par l’industrie, les services et les activités exportatrices.
Un équilibre recherché entre politique sociale et discipline budgétaire
L’un des principaux défis de la période a été de concilier le financement de l’État social avec la maîtrise des finances publiques. Selon le document gouvernemental, la stratégie adoptée repose sur une gestion dite « flexible », visant à absorber les chocs tout en préservant la stabilité macroéconomique.
Face à la hausse des prix importés, les autorités ont mis en œuvre des mesures ciblées pour protéger le pouvoir d’achat et soutenir les secteurs productifs. Parallèlement, l’investissement public a été maintenu, grâce à une meilleure mobilisation des ressources fiscales et à l’adoption de mécanismes de financement diversifiés.
L’objectif affiché reste la réduction progressive du déficit budgétaire et la consolidation des finances publiques, condition essentielle pour assurer la continuité des réformes sociales et économiques engagées.
Une trajectoire en deux phases
Le bilan gouvernemental distingue deux périodes. La première a été consacrée à la gestion des crises et à la stabilisation post-pandémique. La seconde, plus récente, est présentée comme une phase de consolidation et de relance structurelle.
Dans cette nouvelle étape, l’enjeu est de renforcer la compétitivité de l’économie nationale, d’accélérer l’industrialisation et d’améliorer l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Cette stratégie est considérée comme un levier central pour atteindre une croissance plus durable et moins dépendante des chocs externes.
Malgré un contexte marqué par un stress hydrique persistant et des incertitudes internationales, l’exécutif mise sur la transformation structurelle de l’économie pour ouvrir une nouvelle phase de développement, axée sur la résilience et la diversification.
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