Ports marocains : le trafic atteint 148,6 millions de tonnes au premier semestre 2026
Les ports marocains ont enregistré une nette accélération de leur activité au cours des six premiers mois de 2026. Le volume global des trafics de commerce traités a atteint 148,6 millions de tonnes à fin juin, contre environ 130 millions de tonnes un an auparavant, soit une progression de 14,4 %, selon les données du ministère de l’Équipement et de l’Eau.
Cette hausse repose principalement sur la forte dynamique du transbordement, qui confirme le poids croissant du Maroc dans les échanges maritimes internationaux. À l’inverse, le trafic domestique affiche une évolution beaucoup plus modérée, tandis que plusieurs segments enregistrent des replis.
Le transbordement, principal moteur de la croissance
Avec 82,6 millions de tonnes traitées au premier semestre, le transbordement a progressé de 28,6 % sur un an. Il représente désormais 55,6 % de l’ensemble du trafic portuaire enregistré au Maroc entre janvier et juin.
Cette performance constitue le principal facteur de la hausse globale du trafic. Elle traduit également l’importance croissante des plateformes portuaires marocaines dans les chaînes logistiques internationales, notamment pour les opérations de redistribution des marchandises.
Le trafic domestique s’est établi à 66 millions de tonnes, en légère progression de 0,6 %. Sa contribution à la croissance apparaît ainsi nettement plus limitée que celle du transbordement.
Dans la structure globale des échanges, les importations représentent 27,4 % du trafic, devant les exportations avec 13,9 %. Le cabotage pèse 2,6 %, tandis que le soutage des navires représente 0,6 %.
Les importations progressent, les exportations reculent légèrement
Les importations ont atteint 40,7 millions de tonnes au terme du premier semestre, enregistrant une progression de 3,6 % sur un an. Cette évolution confirme le rôle des infrastructures portuaires dans l’approvisionnement du marché national.
Les exportations ont, en revanche, totalisé 20,6 millions de tonnes, soit un recul de 1,6 %. Le cabotage s’est également inscrit en baisse, avec 3,9 millions de tonnes traitées, en diminution de 14,6 %.
Le soutage d’hydrocarbures destiné aux navires transitant par le détroit de Gibraltar a, pour sa part, reculé de 4,1 %, à 868.000 tonnes.
Les céréales et les hydrocarbures en hausse
Plusieurs trafics stratégiques affichent toutefois une évolution favorable. Les volumes de céréales ont progressé de 13,8 %, pour atteindre 5,8 millions de tonnes.
Les hydrocarbures importés ont également augmenté de 7,7 %, à 7,1 millions de tonnes. Cette évolution intervient dans un contexte où les ports jouent un rôle central dans la sécurisation des approvisionnements énergétiques du Royaume.
Le trafic conteneurisé a, de son côté, atteint 6,3 millions d’EVP, en hausse de 1,7 %. Le nombre de véhicules neufs traités dans les ports marocains s’est également apprécié de 12,9 %, à 357.634 unités.
Ces performances illustrent la diversité des flux qui transitent par les infrastructures portuaires nationales, entre approvisionnement, exportation, logistique industrielle et échanges internationaux.
Phosphates et charbon en retrait
La progression globale du trafic masque néanmoins des évolutions contrastées selon les filières.
Le trafic des phosphates et produits dérivés a diminué de 11,2 %, pour s’établir à 14,6 millions de tonnes. Le charbon a également enregistré un recul de 2,9 %, à 5,2 millions de tonnes.
Le transport international routier traité dans les ports a, quant à lui, baissé de 3,2 %, pour atteindre 301.191 unités.
Ces évolutions montrent que la croissance du trafic portuaire marocain au premier semestre ne repose pas sur l’ensemble des segments, mais principalement sur la progression spectaculaire du transbordement et sur la bonne tenue de plusieurs flux liés aux importations et à la logistique.
Le trafic passagers reste quasiment stable
L’activité portuaire ne se limite pas au transport de marchandises. Au premier semestre 2026, environ 1,6 million de passagers ont transité par les ports marocains, soit une légère baisse de 0,3 % par rapport à la même période de 2025.
Le secteur de la croisière affiche cependant une tendance plus favorable. Le nombre de croisiéristes a atteint 174.366 personnes entre janvier et juin, en progression de 2,4 % sur un an.
Cette évolution intervient alors que le Maroc cherche à renforcer son attractivité touristique et maritime, en s’appuyant notamment sur ses façades atlantique et méditerranéenne.
La pêche maritime confrontée à un recul des volumes
Les statistiques portuaires s’inscrivent parallèlement dans un contexte contrasté pour la pêche côtière et artisanale. À fin juin 2026, les débarquements ont atteint 367.184 tonnes, soit une baisse d’environ 6 % sur un an.
La baisse des volumes n’empêche toutefois pas la valeur des produits commercialisés de progresser. Celle-ci a atteint près de 5 milliards de dirhams, en hausse de 2 % sur un an. Les résultats révèlent donc une évolution différenciée entre les quantités débarquées et leur valorisation économique.
Les ports méditerranéens ont enregistré 9.107 tonnes de produits de la pêche côtière et artisanale, en hausse de 7 % en volume, tandis que les ports atlantiques ont concentré 358.077 tonnes, malgré un recul de 7 %.
Une activité portuaire portée par la vocation internationale du Maroc
Au terme du premier semestre 2026, les indicateurs dressent ainsi le portrait d’un secteur portuaire en forte croissance, mais dont la dynamique demeure largement concentrée sur le transbordement.
Avec plus de la moitié du trafic global provenant de cette activité, les ports marocains confirment leur vocation de plateformes de connexion entre les marchés internationaux. La progression des conteneurs, des véhicules et de plusieurs flux d’importation vient compléter cette dynamique.
Dans le même temps, les replis enregistrés dans les phosphates, le charbon, le cabotage, le transport routier international et certains segments de la pêche rappellent que la performance globale recouvre des réalités sectorielles différentes.
L’évolution du second semestre permettra ainsi de déterminer si l’accélération observée à fin juin constitue une tendance durable pour le commerce maritime marocain ou si elle reste principalement liée à la vigueur exceptionnelle des opérations de transbordement.
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