Préscolaire : les enseignants annoncent une grève nationale pour dénoncer la précarité
Le climat social se tend de nouveau dans le secteur du préscolaire au Maroc. La coordination nationale des enseignants et enseignantes du préscolaire a annoncé un mouvement de protestation d’ampleur, marqué par une grève nationale prévue le mardi 17 février. À travers cette mobilisation, les professionnels du secteur entendent alerter sur la dégradation de leurs conditions de travail et réclamer une reconnaissance statutaire longtemps attendue.
Un secteur fragilisé par la précarité
Dans un communiqué rendu public, la coordination décrit une situation jugée critique pour les éducateurs du préscolaire. Retards récurrents dans le paiement des salaires, rémunérations versées par tranches, absence de couverture sociale complète et instabilité contractuelle figurent parmi les principaux griefs exprimés.
Les enseignants dénoncent également l’impossibilité de bénéficier de mécanismes de mobilité professionnelle, qu’elle soit provinciale, régionale ou nationale. Une contrainte qui, selon eux, accentue le sentiment d’enfermement professionnel et freine toute perspective d’évolution de carrière.
Pour la coordination, ces dysfonctionnements traduisent une fragilisation structurelle du préscolaire, devenu le maillon le plus vulnérable du système éducatif marocain, malgré son rôle déterminant dans la réussite scolaire des enfants.
Des critiques ciblées contre les structures de gestion
Au-delà des revendications matérielles, le mouvement met en cause plusieurs acteurs impliqués dans la gestion du secteur. La Fédération marocaine de l’éducation et de l’enseignement préscolaire (FMEEP) est particulièrement visée. La coordination lui reproche d’avoir délaissé sa mission d’encadrement au profit d’objectifs éloignés des préoccupations réelles des enseignants.
Parmi les reproches formulés figurent le non-versement intégral des indemnités de formation, l’absence de prise en compte de l’ancienneté dans les rémunérations, ainsi que l’exclusion des éducateurs du préscolaire des avantages sociaux proposés par la Fondation Mohammed VI de Promotion des Œuvres Sociales pour les familles de l’éducation-formation.
La Fondation Zakoura et la Fondation marocaine pour l’enseignement préscolaire font également l’objet de critiques. Les contrats proposés par ces organismes sont jugés insuffisants et incompatibles avec les principes du travail décent. Selon la coordination, le discours officiel valorisant la qualité du préscolaire contraste fortement avec la réalité vécue par les acteurs de terrain.
Une revendication centrale : l’intégration dans la fonction publique
Au cœur de la mobilisation se trouve une demande récurrente : l’intégration des enseignants du préscolaire au sein de la fonction publique, dans le cadre du statut particulier des fonctionnaires du ministère de l’Éducation nationale. Les protestataires rejettent le modèle actuel fondé sur la gestion associative et les contrats précaires, estimant qu’il ne garantit ni stabilité ni reconnaissance professionnelle.
Cette revendication s’inscrit dans un contexte où le préscolaire occupe une place croissante dans les politiques publiques éducatives. Si les autorités mettent régulièrement en avant les progrès réalisés en matière de généralisation de l’enseignement préscolaire, les enseignants estiment que cet effort quantitatif ne s’est pas accompagné d’une amélioration suffisante de leurs conditions de travail.
Un programme de protestation structuré
Pour faire entendre leurs voix, les enseignants ont annoncé un programme d’actions progressif. La journée du 17 février sera marquée par une grève nationale assortie de sit-in devant les directions provinciales de l’Éducation nationale. D’autres initiatives de sensibilisation sont prévues durant le mois de Ramadan, avec l’objectif de mobiliser l’opinion publique autour des difficultés du secteur.
À travers ce mouvement, la coordination nationale entend rappeler que la réussite de la politique de généralisation du préscolaire ne peut se faire sans une réelle valorisation des femmes et des hommes qui en assurent le fonctionnement quotidien.
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