Prix des carburants en Afrique : contrastes entre subventions et taxation
La guerre au Moyen-Orient relance les inquiétudes sur la hausse des prix des carburants, en particulier pour les pays africains importateurs de produits pétroliers raffinés. En quelques semaines, les prix à la pompe ont augmenté de manière significative dans plusieurs pays, illustrant l’écart considérable entre nations productrices subventionnant le carburant et pays dépendants des importations.
Partout en Afrique, les prix des carburants grimpent, sauf dans quelques États producteurs comme la Libye, l’Algérie ou l’Angola, où des subventions importantes limitent l’impact sur le consommateur. La situation rappelle celle observée au début de la guerre Russie-Ukraine, mais elle est aggravée par la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par où transite plus de 20 % du pétrole brut mondial. Cette perturbation logistique, combinée au contournement du canal de Suez par les grands armateurs, allonge les délais et augmente les coûts d’approvisionnement des raffineries.
Le baril de Brent est passé de 61 dollars le 1er janvier à 109,8 dollars le 20 mars 2026, soit une hausse de 80 % liée à la guerre. Cette flambée se répercute sur le prix des carburants, à l’exception des pays subventionnaires. Cependant, la hausse des produits raffinés dépasse souvent celle du brut en raison de la réduction de la capacité de raffinage mondiale.
Selon le site Global Petrol Prices, qui compile les données sur les carburants dans 170 pays, le litre d’essence le moins cher en Afrique se trouve en Libye (0,023 dollar), suivi de l’Angola (0,327 $), l’Algérie (0,356 $), et l’Égypte (0,459 $). Pour le diesel, les prix les plus bas se retrouvent également en Libye (0,023 $), en Algérie (0,235 $), en Égypte (0,392 $) et en Angola (0,436 $).
À l’inverse, le Malawi enregistre les prix les plus élevés pour l’essence (2,858 $/l) et le diesel (2,847 $/l), bien au-dessus de la moyenne mondiale (1,36 $/l pour l’essence). D’autres pays africains affichent des tarifs supérieurs à la moyenne : Centrafrique, Zimbabwe, Sierra Leone, Sénégal, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Seychelles et Guinée. Ces différences s’expliquent par la structure fiscale propre à chaque pays, incluant taxes, TVA et marges de distribution.
Au Maroc, le litre d’essence et de diesel coûte respectivement 1,322 $ et 1,149 $, intégrant la Taxe intérieure de consommation (TIC) et la TVA. Ces taxes contribuent à alourdir les prix et à générer des recettes publiques, comme c’est le cas également au Sénégal, où les taxes représentent près de 45 % du prix final payé par le consommateur.
Cette hausse des prix affecte directement l’ensemble des économies africaines, en particulier le secteur des transports, dont le renchérissement se répercute sur le coût des biens et services. Face aux chocs énergétiques successifs — pandémie, guerre Russie-Ukraine, conflit au Moyen-Orient — les pays africains non producteurs de pétrole sont incités à accélérer la transition vers les énergies renouvelables, exploitant leur potentiel solaire, éolien, hydraulique et géothermique.
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