Procès GenZ 212 : la défense de Zineb Kharroubi plaide la relaxe devant le tribunal de Casablanca
Le procès de Zineb Kharroubi, militante marocaine associée au collectif GenZ 212, a connu un nouveau développement lundi devant le tribunal de Casablanca. Poursuivie pour « incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique », la jeune femme de 29 ans fait face à des accusations liées à des publications diffusées sur les réseaux sociaux dans le contexte du mouvement de contestation qui a marqué le Maroc à l’automne dernier.
Selon les éléments présentés au tribunal, les poursuites reposent notamment sur des contenus publiés sur Instagram faisant référence à un appel à rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris. Cette mobilisation avait été initiée par le collectif GenZ 212, un mouvement qui s’était fait connaître par l’organisation de manifestations pacifiques réclamant des améliorations dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi qu’une lutte renforcée contre la corruption.
Lors de l’audience, les avocats de la défense ont demandé l’acquittement de leur cliente. Ils ont soutenu que l’appel à manifester ne constitue pas une infraction pénale et ont rappelé que le droit de se réunir et de manifester est reconnu dans le cadre légal marocain. Les conseils de la prévenue ont également insisté sur le fait que les faits reprochés se seraient déroulés sur le territoire français et non au Maroc.
Absente à l’audience, Zineb Kharroubi n’avait déjà pas assisté aux précédentes séances du procès. Selon ses avocats, des contraintes professionnelles en France l’ont empêchée de se présenter devant la juridiction marocaine.
De son côté, le ministère public a rejeté les arguments de procédure avancés par la défense et a demandé une condamnation de la prévenue. Aucune peine précise n’a toutefois été requise lors de cette audience.
En vertu des dispositions du Code pénal relatives à l’incitation à commettre des crimes ou délits, la militante encourt une peine pouvant aller de trois mois à cinq ans d’emprisonnement, assortie d’une amende pouvant atteindre 100.000 dirhams.
Le verdict est attendu lors d’une prochaine audience fixée au 29 juin. Cette décision est particulièrement suivie en raison de l’écho qu’a suscité le mouvement GenZ 212 dans l’opinion publique.
Après avoir mobilisé des participants dans plusieurs villes du Royaume durant plusieurs semaines, le mouvement a progressivement perdu de son intensité. Ce ralentissement est intervenu notamment après les annonces des autorités concernant l’accélération des réformes sociales et le renforcement des budgets consacrés à la santé et à l’éducation pour l’année 2026.
Par ailleurs, certaines manifestations organisées en marge du mouvement avaient été marquées par des incidents violents. Des actes de vandalisme et des affrontements avaient notamment été signalés dans la région d’Agadir, causant plusieurs décès et ravivant le débat sur la gestion des rassemblements publics.
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