Qui est Hassan Tariq, le nouveau secrétaire général du gouvernement marocain ?
La nomination de Hassan Tariq au poste de secrétaire général du gouvernement marque une nouvelle étape dans le parcours de cet universitaire et ancien diplomate. Nommé le vendredi 16 octobre 2026 par SM le roi Mohammed VI au sein du gouvernement conduit par Fatima Ezzahra El Mansouri, il quitte ainsi la tête de l’institution du Médiateur du Royaume, qu’il dirigeait depuis mars 2025. Son arrivée au sein de l’exécutif intervient également alors que l’Union socialiste des forces populaires (USFP), dont il est issu, retrouve une place au gouvernement après cinq années dans l’opposition.
De la Médiation du Royaume au secrétariat général du gouvernement
Hassan Tariq figure en sixième position dans la liste protocolaire des 32 membres du nouveau gouvernement, juste après Ahmed Toufiq. Sa nomination implique son départ de l’institution du Médiateur du Royaume, dont il avait pris la tête le 24 mars 2025, succédant à Mohamed Benalilou.
Ce dernier avait été nommé le même jour à la présidence de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, dans le cadre d’une série de nominations qui avait également porté Abdelkader Amara à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Le départ de Hassan Tariq ouvre ainsi la voie à la désignation d’un nouveau Médiateur du Royaume.
À la tête de cette institution, il avait notamment affiché sa volonté de moderniser les outils d’intervention grâce au numérique et au renforcement de la proximité avec les citoyens. Il défendait une conception élargie de la médiation entre l’administration et les usagers. En 2025, l’institution a enregistré un nombre record de plaintes.
Un parcours universitaire et administratif
Né le 1er janvier 1974 à Bhalil, près de Sefrou, Hassan Tariq est le fils d’un instituteur. Après l’obtention d’un baccalauréat en sciences mathématiques en 1991 au lycée Lahcen Lyoussi, il poursuit des études de droit à la faculté de Dhar El Mehraz, à Fès, avant de décrocher un doctorat en droit public à l’université Mohammed V de Rabat.
Son parcours professionnel débute au ministère des Finances, où il exerce comme inspecteur des impôts entre 1997 et 2002. Il rejoint ensuite le cabinet du secrétaire d’État à la Jeunesse en qualité de conseiller, fonction qu’il occupe jusqu’en 2007.
En parallèle, il développe une carrière universitaire consacrée au droit constitutionnel et à la science politique. Il enseigne d’abord à Settat, puis à Rabat, et coordonne le réseau marocain des chefs de départements de droit public et de science politique.
Auteur d’une dizaine d’ouvrages, parmi lesquels « Les jeunes, la politique et la transition démocratique », « Le Maroc social » et « Le libéralisme marocain », il intervient régulièrement dans le débat public sur des sujets comme le Mouvement du 20-Février, le Hirak du Rif et les printemps arabes.
Une trajectoire politique ancrée dans l’USFP
L’engagement politique de Hassan Tariq remonte à son adolescence. À 17 ans, il prend la tête du secteur estudiantin de l’USFP, avant de devenir secrétaire général de la Chabiba, la jeunesse du parti, et membre de son conseil national.
C’est dans ce cadre qu’il noue des liens avec Abdellatif Ouahbi. Les deux hommes cosignent plusieurs ouvrages, dont « Article 47 », publié en 2017 et consacré à la disposition constitutionnelle encadrant la nomination du chef du gouvernement.
Élu député de l’USFP pour la législature 2011-2016, Hassan Tariq siège à la commission de la Justice, de la Législation et des Droits de l’homme. Il s’éloigne ensuite de l’appareil du parti dans les années qui précèdent sa nomination diplomatique.
Son entrée au gouvernement intervient alors que l’USFP revient dans l’exécutif après cinq années passées dans l’opposition.
Une expérience diplomatique en Tunisie
En février 2019, Hassan Tariq est nommé ambassadeur du Maroc en Tunisie, dans le cadre d’une série de désignations d’anciennes figures de la gauche à des fonctions diplomatiques.
Durant sa mission, il est notamment confronté aux conséquences de la crise du Covid-19 sur la communauté marocaine présente dans le pays. En août 2022, les relations entre Rabat et Tunis connaissent une dégradation brutale après la réception officielle du chef du Polisario par le président tunisien Kaïs Saïed. Hassan Tariq est alors rappelé à Rabat.
Son passage par la diplomatie constitue une étape supplémentaire dans un parcours mêlant responsabilités administratives, engagement politique, recherche universitaire et gestion institutionnelle.
Un nouveau rôle au sein de l’exécutif
Avec sa nomination au secrétariat général du gouvernement, Hassan Tariq rejoint une équipe appelée à poursuivre les chantiers institutionnels et administratifs du pays. Son expérience à la tête du Médiateur du Royaume, son parcours universitaire et son passage par la diplomatie constituent les principales étapes d’une trajectoire désormais inscrite au cœur de l’appareil gouvernemental.
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