Rabat accueille un plaidoyer pour un renouveau politique africain face aux défis du continent
Réunis vendredi à Rabat pour la troisième Assemblée générale de la Conférence des présidents des Assemblées législatives africaines (CoSPAL), les présidents des deux Chambres du Parlement marocain, Rachid Talbi Alami et Mohamed Oueld Rachid, ont livré une analyse lucide de l’état du continent. Tous deux ont plaidé pour un sursaut collectif, estimant que l’Afrique ne peut plus se contenter de gérer les crises, mais doit apprendre à les prévenir et à y répondre de manière coordonnée.
Ouvrant les travaux, le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de rompre avec les approches fragmentées. Le continent, a-t-il rappelé, dispose de richesses considérables, mais souffre d’un retard structurel aggravé par des décennies d’insuffisance d’exploitation et de stratégies de division. Pour lui, seule une volonté politique commune, respectueuse de la souveraineté des États, permettra de transformer ces potentiels inexploités en leviers de développement.
L’un des diagnostics les plus marquants concerne la sécurité. L’Afrique demeure la région la plus touchée par les conflits et les attaques terroristes, souvent d’une violence extrême. Talbi Alami a averti que cette menace devient encore plus redoutable lorsqu’elle se conjugue au séparatisme, créant une dynamique destructrice qui fragmente les pays et entretient l’instabilité. Face à cette situation, il appelle les institutions parlementaires à redoubler de vigilance et à apporter des réponses concertées.
Malgré ses ressources agricoles et énergétiques abondantes, le continent reste confronté à des défis majeurs : insécurité alimentaire, accès inégal à l’électricité, fragilité des systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale, sans oublier un déficit aigu en infrastructures routières, ferroviaires et urbaines. À cela s’ajoute l’impact du changement climatique, marqué par la désertification, la disparition des forêts et des inondations récurrentes, qui frappent de plein fouet les pays africains.
Talbi Alami a invité les participants à dépasser le constat et à réfléchir aux leviers dont disposent les parlements pour transformer ces vulnérabilités en opportunités. « L’Afrique ne manque ni de visions ni de projets, mais d’une mise en œuvre concrète », a-t-il résumé, appelant à une action collective plus résolue.
Il a également mis en avant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), qu’il considère comme un outil majeur de transformation économique. Si elle est pleinement opérationnelle, elle pourrait déclencher de vastes dynamiques régionales, renforcer l’intégration africaine et améliorer la compétitivité du continent. À ses yeux, les initiatives stratégiques portées par le Roi Mohammed VI — le Processus des pays africains atlantiques, l’Initiative atlantique pour l’accès des pays sahéliens à l’océan Atlantique, ou encore le projet de Gazoduc atlantique — constituent autant de leviers pour remodeler durablement les infrastructures et les équilibres géoéconomiques du continent.
Dans un discours lu en son nom par le quatrième vice-président, Lahcen Haddad, le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Oueld Rachid, a prolongé ce diagnostic en soulignant la reconfiguration profonde que connaît le monde. Les tensions géopolitiques, la fragilisation de la mondialisation et l’émergence de nouvelles polarités redessinent les rapports de force, mettant à l’épreuve les capacités de réaction des États africains.
Oueld Rachid a appelé à une coordination parlementaire renforcée, convaincu que la solidité institutionnelle constitue un rempart essentiel face aux crises transfrontalières et aux menaces émergentes. Selon lui, les législatures africaines doivent être en mesure de contribuer à la prévention des risques, au renforcement de la gouvernance démocratique et à la défense des intérêts stratégiques du continent.
La troisième Assemblée générale de la CoSPAL, qui réunit à Rabat des dirigeants parlementaires venus de plusieurs pays africains, aborde ainsi des enjeux décisifs pour l’avenir du continent. Les présidents du Parlement marocain ont rappelé un impératif majeur : faire des institutions législatives africaines des acteurs centraux de la prévention des crises, de la consolidation de la souveraineté et de la construction d’un développement durable et partagé.
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