Rabat : Le CNDH mise sur la jeunesse pour relancer le débat sur l’abolition de la peine de mort
La question de l’abolition de la peine capitale continue d’alimenter le débat public au Maroc. Réunis à Rabat à l’initiative du Conseil national des droits de l’Homme, plusieurs responsables institutionnels, acteurs associatifs et jeunes participants ont échangé vendredi autour du rôle de la jeunesse dans la promotion d’une culture des droits humains et du débat sur l’abolition de la peine de mort.
Cette rencontre nationale, organisée sous le thème « Projet d’élargissement du cercle des jeunes soutenant l’abolition de la peine de mort », s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation portée par le Conseil national des droits de l’Homme en partenariat avec plusieurs organisations nationales et internationales.
Lors de son intervention, la présidente du CNDH, Amina Bouayach, a insisté sur la place centrale des jeunes dans les transformations liées aux droits humains et à la participation citoyenne. Selon elle, les mutations sociétales actuelles imposent de nouveaux espaces de dialogue où les jeunes jouent un rôle déterminant, notamment à travers les universités, les établissements scolaires et les plateformes numériques.
La responsable marocaine a souligné que les évolutions contemporaines liées au numérique, aux changements sociaux et aux nouvelles formes d’expression publique obligent à repenser les rapports entre justice, droits fondamentaux et dignité humaine.
Pour Amina Bouayach, l’abolition de la peine de mort constitue également un indicateur du développement de la conscience collective autour de la valeur de la vie humaine et des principes de justice fondés sur la possibilité de réhabilitation plutôt que sur la suppression définitive.
La rencontre a aussi bénéficié d’une intervention enregistrée d’Isabelle Berro-Amadeï, présidente du Comité des ministres du Conseil de l’Europe. Elle a estimé que les jeunes représentent aujourd’hui une force essentielle de mobilisation et de transformation sociale dans le combat mondial contre la peine capitale.
La responsable monégasque a par ailleurs salué la position adoptée par le Maroc lors du vote de décembre 2024 à l’Assemblée générale des Nations Unies en faveur d’un moratoire sur l’application de la peine de mort.
De son côté, Sébastien Potaufeu a considéré cette initiative comme une étape importante dans la coopération entre le CNDH et le Conseil de l’Europe pour élargir l’engagement des jeunes marocains sur cette question.
Organisée avec la Coalition marocaine contre la peine de mort et l’organisation Ensemble contre la peine de mort, la rencontre a également permis de présenter le bilan du projet dédié à l’élargissement du réseau de jeunes engagés contre la peine capitale.
Des témoignages, plaidoyers et présentations autour du Congrès mondial contre la peine de mort ont ponctué les échanges, illustrant la volonté des organisateurs de renforcer l’implication de la jeunesse dans les débats liés aux droits humains et aux réformes sociétales.
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