RDC : l’épidémie d’Ebola dépasse les 4 000 morts sur fond de violences armées
La République démocratique du Congo (RDC) fait face à la flambée d’Ebola la plus meurtrière de son histoire. Selon les dernières données communiquées par les autorités congolaises, 8 300 cas ont été recensés depuis le début de l’épidémie, dont 4 018 décès et 2 162 guérisons. Le taux de létalité atteint 48,4 %, dans un contexte marqué par l’insécurité et les difficultés d’accès aux populations touchées.
Déclarée officiellement à la mi-mai, avec plusieurs semaines de retard, cette 17e épidémie d’Ebola en RDC s’étend dans des régions du nord et de l’est du pays affectées par des conflits armés. Les violences récentes compliquent les opérations sanitaires et fragilisent davantage la riposte.
Une propagation dans sept provinces
Partie de la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays, l’épidémie s’est propagée à sept provinces du nord et de l’est de la RDC. Les autorités sanitaires doivent composer avec des moyens limités, la présence de groupes armés et la méfiance d’une partie des populations locales.
Les conditions de sécurité constituent un obstacle majeur au déploiement des équipes chargées de détecter les infections, d’assurer le suivi des malades et de limiter les chaînes de transmission.
Dans la province du Nord-Kivu, six cas d’Ebola, dont quatre décès, ont également été signalés dans des zones sous le contrôle du Mouvement du 23 mars (M23). Ces chiffres ont été annoncés vendredi par le groupe armé dans un communiqué.
Les affrontements entravent les opérations sanitaires
En Ituri, de violents affrontements armés ont perturbé les activités de riposte ces derniers jours. Les combats se déroulent notamment dans des zones touchées par un conflit communautaire impliquant des milices locales.
Selon les Nations unies, plus de 5 000 personnes ont été déplacées à la suite de ces violences. Ces mouvements de population compliquent le suivi sanitaire et peuvent rendre plus difficile l’identification des personnes exposées au virus.
La situation a également affecté les infrastructures mobilisées contre l’épidémie. Mardi soir, un centre de transit destiné aux malades d’Ebola a brûlé dans la province de l’Ituri. D’après les informations rapportées par l’ONU, des militaires avaient pénétré dans un site accueillant des personnes déplacées, provoquant la fuite de ses occupants.
Un agent de détection tué au Nord-Kivu
Les violences ont également touché directement les personnels engagés dans la lutte contre Ebola. Les autorités congolaises ont indiqué mercredi qu’un prestataire chargé de la détection des cas avait été tué lors d’une attaque armée visant un point de contrôle sanitaire au Nord-Kivu.
Ces incidents illustrent les difficultés auxquelles sont confrontées les équipes de santé dans les zones affectées par l’insécurité. Ils risquent de ralentir la surveillance épidémiologique et les interventions nécessaires pour identifier rapidement les nouvelles infections.
Alors que le bilan dépasse désormais les 4 000 décès, la lutte contre Ebola reste étroitement liée à l’évolution de la situation sécuritaire. L’accès aux populations, la continuité des opérations sanitaires et la confiance des communautés constituent des enjeux essentiels pour contenir cette flambée.
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