Réforme du secteur public : l’ONHYM devient une société anonyme pour moderniser sa gouvernance
La transformation de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) en société anonyme marque une étape importante dans la réforme du secteur public. Le projet de loi 56.24, adopté à la majorité par la Chambre des conseillers, s’inscrit dans une dynamique globale de modernisation des établissements publics et de renforcement de leur efficacité économique.
Ce changement de statut intervient dans un contexte où l’État cherche à optimiser la gestion de ses actifs stratégiques tout en attirant davantage d’investissements, notamment privés, dans des secteurs jugés prioritaires comme l’énergie et les ressources minières.
Un vote qui confirme une orientation stratégique
Adopté par 26 voix pour et deux abstentions, le texte finalise un processus engagé en 2024. Il consacre le passage de l’ONHYM d’un établissement public à caractère industriel et commercial vers une société anonyme régie par le droit des entreprises.
Cette évolution vise à améliorer la gouvernance interne, à renforcer la performance opérationnelle et à donner plus de flexibilité à l’établissement dans la conduite de ses projets, tout en maintenant le contrôle majoritaire de l’État.
Une réforme inscrite dans une stratégie nationale plus large
La transformation de l’ONHYM s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la loi-cadre 50.21 relative à la réforme des établissements publics, ainsi que de la loi 82.20 portant création de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État.
L’objectif principal est de repositionner l’État comme actionnaire stratégique, plutôt que comme gestionnaire direct, afin d’améliorer la performance des entreprises publiques et leur compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux.
Gouvernance modernisée et nouvelles opportunités
Le projet de loi introduit plusieurs changements structurels. Il prévoit notamment la possibilité pour l’ONHYM de créer des filiales, de développer des partenariats avec le secteur privé et de diversifier ses sources de financement.
Il ouvre également la voie à de nouvelles activités liées au transport et au stockage du gaz naturel et de l’hydrogène, renforçant ainsi le positionnement de l’office dans la transition énergétique.
Cette évolution est présentée comme un levier pour améliorer l’attractivité du secteur et répondre aux exigences d’un marché énergétique mondial marqué par une forte volatilité.
Des débats autour des enjeux de souveraineté
Si la réforme a été globalement adoptée, elle a suscité des interrogations au sein de la Chambre des conseillers. Certains élus ont exprimé des inquiétudes concernant la préservation du rôle stratégique de l’État dans un secteur considéré comme sensible.
La question des droits des salariés a également été soulevée. Les autorités ont toutefois assuré que la transformation juridique de l’ONHYM n’entraînera aucune remise en cause des acquis sociaux, garantissant ainsi la continuité des droits des employés et des retraités.
Une nouvelle étape pour le paysage public marocain
Avec cette transformation, l’ONHYM entre dans une nouvelle phase de son développement. L’enjeu est désormais de concilier efficacité économique, attractivité pour les investisseurs et préservation des intérêts stratégiques nationaux.
Dans un contexte international en pleine mutation, cette réforme pourrait redessiner le rôle des entreprises publiques marocaines dans les secteurs clés de l’énergie et des mines.
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