Réserves d’eau au Maroc : les fortes chaleurs accélèrent l’évaporation des barrages
Le Maroc enregistre un recul sensible des réserves d’eau stockées dans ses barrages sous l’effet des fortes chaleurs qui marquent le début de l’été. En l’espace de dix jours, les retenues nationales ont diminué de plus de 158 millions de mètres cubes, conséquence d’une évaporation accrue et d’une hausse des besoins en eau. Malgré cette baisse, les indicateurs demeurent nettement plus favorables qu’à la même période de l’année précédente, grâce aux importantes précipitations enregistrées durant les derniers mois.
Selon les données publiées par la Direction de la planification de l’eau, relevant du ministère de l’Équipement et de l’Eau, les barrages du Royaume totalisaient, au 10 juillet 2026, près de 12,35 milliards de mètres cubes d’eau. Le taux de remplissage national atteint ainsi 72,5 %, pour une capacité globale estimée à un peu plus de 17 milliards de mètres cubes.
Au début du mois de juillet, les réserves dépassaient encore 12,5 milliards de mètres cubes, avec un taux de remplissage de 73,43 %. La diminution observée en quelques jours illustre les effets combinés des températures élevées, qui favorisent l’évaporation, et de l’augmentation de la demande en eau durant la saison estivale, notamment pour les usages domestiques et l’irrigation agricole.
Des écarts marqués selon les bassins hydrauliques
Toutes les régions ne sont toutefois pas touchées avec la même intensité. Le bassin du Sebou enregistre la baisse la plus importante des volumes stockés, devant celui de l’Oum Er-Rbia. Les bassins du Loukkos, de la Moulouya, de Ziz-Ghris et du Bouregreg figurent également parmi les plus affectés par la diminution des réserves.
Ces différences s’expliquent par plusieurs facteurs, notamment les conditions climatiques locales, l’intensité de l’évaporation, les besoins agricoles et les volumes prélevés pour l’alimentation en eau potable.
Une situation bien meilleure qu’en 2025
Malgré cette baisse estivale, le bilan reste largement positif à l’échelle nationale. À la même période en juillet 2025, les barrages marocains affichaient un taux de remplissage de seulement 37,21 %. En un an, les réserves ont donc connu une amélioration significative, portée par une campagne pluviométrique plus favorable et par la reconstitution des principaux ouvrages hydrauliques.
Parmi les bassins les mieux dotés figurent ceux du Loukkos, du Sebou et du Bouregreg, dont les taux de remplissage dépassent ou avoisinent les 85 %. À l’inverse, les bassins de Drâa-Oued Noun et de Ziz-Ghris présentent encore des niveaux plus limités, reflétant les disparités climatiques entre les différentes régions du pays.
Une vigilance maintenue face aux épisodes de chaleur
Les autorités estiment que les réserves actuelles permettent d’aborder la saison estivale dans des conditions plus favorables que l’an dernier, aussi bien pour l’approvisionnement en eau potable que pour les besoins du secteur agricole. Toutefois, la succession d’épisodes de chaleur intense rappelle la nécessité de poursuivre les politiques de gestion durable de la ressource en eau, de renforcer les capacités de stockage et d’encourager une utilisation plus rationnelle de cette ressource stratégique face aux effets du changement climatique.
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