Retraités au Maroc : la pression monte pour une revalorisation des pensions
À la veille de l’ouverture de la session d’avril du dialogue social au Maroc, la mobilisation des retraités prend de l’ampleur. Face à une hausse persistante du coût de la vie, plusieurs associations représentant cette catégorie réclament une augmentation significative des pensions, estimée à au moins 2.000 dirhams mensuels.
Une revendication portée par l’urgence sociale
Les retraités dénoncent une dégradation continue de leur pouvoir d’achat, aggravée par l’inflation et la hausse des prix des biens de première nécessité. Dans ce contexte, ils jugent leurs pensions actuelles insuffisantes pour couvrir leurs besoins essentiels, notamment en matière de santé, de logement et de transport.
L’Association des enseignants retraités a notamment appelé à une intervention rapide des autorités publiques et des partenaires sociaux. Selon elle, la revalorisation des pensions constitue une mesure indispensable pour garantir des conditions de vie dignes à une population particulièrement vulnérable.
Des pensions gelées depuis près de trois décennies
Au cœur des revendications, un constat revient avec insistance : la stagnation des pensions depuis la fin des années 1990. Cette situation, combinée à l’augmentation progressive du coût de la vie, a fragilisé une large frange des retraités.
Les représentants associatifs soulignent que cette absence de révision substantielle a creusé les inégalités et accentué la précarité chez les seniors. Ils appellent ainsi à une réforme structurelle du système de retraite afin de mieux l’adapter aux réalités économiques actuelles.
Santé et services sociaux : des attentes fortes
Au-delà de l’aspect financier, les retraités mettent en avant leurs difficultés d’accès aux services sociaux, en particulier dans le domaine de la santé. Le coût élevé des soins médicaux et des médicaments reste un obstacle majeur, malgré l’existence de dispositifs de couverture.
Les associations demandent ainsi une amélioration des taux de remboursement, ainsi qu’un accès simplifié aux cliniques privées partenaires des caisses de retraite. Elles plaident également pour des mesures spécifiques, telles que des tarifs préférentiels dans les transports publics et les établissements touristiques.
Une demande de représentation dans le dialogue social
Autre point central des revendications : la participation directe des retraités aux discussions du dialogue social. Ces derniers souhaitent être intégrés en tant qu’acteurs à part entière dans les négociations, afin de défendre leurs intérêts de manière plus efficace.
Pour eux, cette reconnaissance institutionnelle permettrait de mieux prendre en compte leurs besoins et de développer des politiques publiques adaptées, notamment en matière de loisirs et d’infrastructures dédiées aux personnes âgées.
Un enjeu majeur pour les prochaines négociations
Alors que le dialogue social s’annonce crucial, le dossier des retraités s’impose comme l’un des sujets prioritaires. Entre exigences sociales et contraintes budgétaires, le gouvernement devra trouver un équilibre délicat pour répondre à une demande croissante de justice sociale.
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