Retraites : le HCP alerte sur l’ampleur des inégalités entre femmes et hommes
Les écarts entre les pensions des femmes et des hommes continuent de révéler de profondes inégalités structurelles sur le marché du travail. Dans un récent rapport consacré aux liens entre informalité, genre et vieillissement, le Haut-Commissariat au Plan met en lumière un déséquilibre persistant dans l’accès à la retraite et aux droits sociaux, conséquence directe des disparités accumulées tout au long de la vie active.
Selon les données analysées par l’institution, les pensions perçues par les femmes demeurent largement inférieures à celles des hommes. En 2020, année de référence retenue dans la simulation du HCP, le niveau moyen des pensions féminines représentait à peine plus de 11 % de celui des hommes, traduisant un écart particulièrement marqué.
Le rapport explique cette situation par plusieurs facteurs structurels qui se cumulent au fil des parcours professionnels. Les femmes restent moins présentes sur le marché de l’emploi, accèdent moins fréquemment aux postes salariés formels et sont davantage exposées aux emplois précaires ou informels ne donnant pas accès à une couverture sociale contributive. À cela s’ajoutent des rémunérations généralement plus faibles dans les secteurs formels.
L’étude distingue par ailleurs deux réalités différentes : les pensions déjà versées aux retraités actuels et le potentiel futur de pension des générations encore actives. Cette approche permet au HCP d’évaluer les évolutions possibles des écarts sur les prochaines décennies.
Selon les projections présentées, une amélioration progressive pourrait être observée à long terme grâce au renouvellement générationnel et à une participation plus importante des femmes à l’activité économique. Toutefois, cette convergence resterait limitée si les déséquilibres structurels actuels ne sont pas corrigés en profondeur.
Le rapport estime ainsi que, sans réformes majeures, le ratio des pensions féminines par rapport à celles des hommes pourrait plafonner autour de 40 % à l’horizon 2070, bien loin d’une réelle égalité.
Le document souligne également le poids de l’emploi informel dans les trajectoires professionnelles féminines. Même lorsque les femmes occupent un emploi, une grande partie travaille dans des activités non déclarées ou dans des formes de travail exclues des systèmes de cotisation sociale, notamment comme aides familiales non rémunérées.
Cette réalité limite fortement leur capacité à accumuler des droits à la retraite tout au long de leur carrière. Le HCP insiste ainsi sur l’importance d’agir simultanément sur plusieurs leviers : accès à l’emploi formel, amélioration des salaires, réduction de l’informalité et élargissement de la protection sociale.
Au-delà de la question du genre, le rapport met également en garde contre les transformations démographiques qui attendent le Royaume dans les prochaines décennies. Le vieillissement de la population devrait progressivement modifier l’équilibre entre actifs et retraités, augmentant la pression sur les systèmes sociaux et les mécanismes de solidarité intergénérationnelle.
Selon les projections du HCP, la part des personnes âgées dans la population continuera de progresser rapidement d’ici 2050, alors que le poids démographique des jeunes générations reculera progressivement. Une évolution qui pourrait profondément redéfinir les besoins économiques et sociaux du pays.
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