Royaume-Uni : la publicité pour les aliments trop gras, sucrés ou salés interdite pour protéger les enfants
Le Royaume-Uni a franchi un nouveau cap dans la lutte contre l’obésité infantile. À partir du lundi 5 janvier, la publicité pour de nombreux produits alimentaires jugés trop gras, trop sucrés ou trop salés sera interdite à la télévision britannique avant 21 heures, ainsi que sur Internet, a annoncé le gouvernement.
Sont concernés notamment les biscuits, céréales sucrées, boissons gazeuses, pizzas, glaces, confiseries, produits surgelés, yaourts aromatisés et certains jus de fruits. L’objectif affiché est clair : réduire l’exposition des enfants à la promotion de produits alimentaires considérés comme nocifs pour leur santé.
Une interdiction basée sur un système de notation nutritionnelle
Les aliments visés par cette interdiction ont été classés parmi les « moins sains » selon un système d’évaluation gouvernemental prenant en compte leur teneur en sel, en graisses, en sucres et en protéines. Des produits du quotidien comme le granola, le muesli, certains produits de boulangerie, les boissons énergisantes, smoothies, hamburgers ou nuggets de poulet surgelés figurent également sur la liste.
En revanche, les versions jugées plus équilibrées, comme les yaourts nature ou certaines alternatives à teneur réduite en sucre, resteront autorisées à la publicité. Selon les autorités, cette mesure pourrait permettre d’éviter jusqu’à 20 000 nouveaux cas d’obésité chaque année.
Des chiffres alarmants chez les enfants
La décision intervient dans un contexte sanitaire préoccupant. D’après les données officielles, 22 % des enfants en Angleterre sont en surpoids ou obèses à leur entrée à l’école primaire, vers l’âge de 5 ans. Ce taux grimpe à 35,8 % lorsqu’ils quittent l’école primaire, à 10 ou 11 ans.
Les conséquences dépassent largement la question du poids. Les caries dentaires constituent aujourd’hui la première cause d’hospitalisation des enfants âgés de 5 à 9 ans dans le pays, un phénomène largement associé à la consommation excessive de produits sucrés.
Inciter l’industrie à revoir ses recettes
Au-delà de la protection des plus jeunes, le gouvernement espère que cette interdiction publicitaire poussera les industriels de l’agroalimentaire à reformuler leurs produits pour les rendre plus sains. Une stratégie déjà amorcée avec la taxe sur les boissons sucrées, entrée en vigueur en 2018 et récemment étendue à de nouveaux produits, dont les milk-shakes et les laits aromatisés.
Katharine Jenner, directrice générale de la coalition Obesity Health Alliance, a salué une mesure « attendue de longue date », estimant qu’elle constitue un pas décisif pour limiter l’influence du marketing alimentaire sur les comportements des enfants.
Un enjeu majeur de santé publique
Le Royaume-Uni affiche l’un des taux d’obésité adulte les plus élevés d’Europe. Cette maladie représente un coût annuel estimé à 11,4 milliards de livres sterling pour le NHS, le système public de santé britannique. Face à ce poids économique et humain, les autorités misent sur une régulation plus stricte de la publicité pour infléchir durablement les habitudes alimentaires.
Cette nouvelle législation place ainsi le Royaume-Uni parmi les pays européens les plus offensifs en matière de régulation du marketing alimentaire, avec l’ambition de protéger les générations futures dès le plus jeune âge.
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