Russie : un Tchèque condamné après une manifestation antiguerre sur la place Rouge
Un ressortissant tchèque a été condamné à une amende et à 13 jours de détention après avoir manifesté seul contre la guerre menée par la Russie en Ukraine sur la place Rouge, à Moscou. Les autorités lui reprochent notamment d’avoir brandi une pancarte considérée comme portant atteinte à l’image des forces armées russes.
Un ressortissant tchèque a été sanctionné par la justice russe après une manifestation individuelle organisée dimanche sur la place Rouge, à Moscou. Selon le tribunal de la capitale cité par Reuters, Michal Plaminek a écopé d’une amende ainsi que de 13 jours de détention.
L’homme aurait notamment brandi une pancarte rédigée en anglais contenant un message dénonçant l’action des forces armées russes. La justice russe a considéré cette initiative comme une infraction aux dispositions adoptées après le début de l’offensive russe à grande échelle en Ukraine, en février 2022.
Une législation renforcée depuis 2022
Depuis le début de la guerre, les autorités russes ont renforcé les restrictions visant les informations et déclarations considérées comme discréditant l’armée. Les infractions à ces dispositions peuvent entraîner des amendes et, en cas de récidive, donner lieu à des poursuites pénales susceptibles d’aboutir à des peines de prison plus longues.
Dans le cas de Michal Plaminek, le tribunal a également estimé que le rassemblement était illégal en raison de son emplacement, situé à proximité de la résidence du président russe Vladimir Poutine au Kremlin.
La justice lui reproche par ailleurs d’avoir résisté lors de son arrestation.
Une photo publiée après la manifestation
Des éléments publiés sur une page Facebook portant le nom de Michal Plaminek semblent montrer un jeune homme photographié dimanche devant la cathédrale Saint-Basile, sur la place Rouge. La photo ne permet toutefois pas de voir une éventuelle pancarte.
D’autres publications du même profil expriment un soutien à l’Ukraine et appellent les pays occidentaux à maintenir leur unité afin d’empêcher une victoire russe dans le conflit.
Reuters précise que ces publications ont été relevées sur le profil présenté comme appartenant à Plaminek, sans établir indépendamment tous les éléments concernant l’identité de leur auteur.
Une répression accrue des manifestations antiguerre
La condamnation intervient dans un contexte de restrictions importantes visant les prises de position publiques contre la guerre en Russie. Depuis 2022, des milliers de personnes ont fait l’objet de poursuites administratives ou pénales pour des déclarations ou actions liées au conflit.
Les autorités russes considèrent notamment comme illégales certaines manifestations non autorisées et sanctionnent les messages qu’elles estiment susceptibles de discréditer l’armée.
Le cas de Plaminek illustre ainsi les risques judiciaires auxquels s’exposent les personnes qui organisent ou participent à des actions publiques contre la guerre, y compris lorsqu’elles manifestent seules dans des lieux emblématiques de Moscou.
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