Sahara : Washington propose une reconfiguration du mandat de la MINURSO
Les États-Unis proposent de revoir en profondeur le mandat de la Mission des Nations unies pour le Sahara (MINURSO). À l’approche du vote sur le renouvellement de cette mission, une version amendée du projet de résolution américain prévoit de privilégier l’accompagnement du processus politique et le soutien aux négociations, tout en maintenant la proposition marocaine d’autonomie comme base des discussions.
Selon les informations rapportées par Hespress Français, les modifications introduites dans le texte portent notamment sur la durée du mandat, l’évolution des missions de la MINURSO et les mécanismes envisagés pour recueillir les avis des populations sahraouies.
Un mandat prolongé jusqu’en octobre 2027
Dans la version amendée distribuée le 26 octobre, Washington propose de prolonger le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2027. La décision sur l’avenir de la mission serait ainsi reportée, dans l’attente des propositions que le secrétaire général des Nations unies doit présenter au plus tard le 30 janvier.
Cette nouvelle version assouplit le calendrier initial de restructuration. Elle supprime notamment l’échéance du 30 avril prévue pour mettre fin à la mission de maintien de la paix et la transformer automatiquement en mission politique dès le mois suivant. Elle abandonne également l’objectif d’une réduction d’au moins 50 % de sa composante militaire avant le 31 janvier 2027.
Le texte conserve néanmoins l’orientation générale du projet américain, qui vise à adapter les fonctions de la mission à l’évolution du contexte diplomatique.
La proposition marocaine d’autonomie maintenue au centre des discussions
Le projet de résolution maintient la proposition marocaine d’autonomie comme base des négociations, tout en réaffirmant le principe de l’autodétermination. Cette orientation s’accompagne d’une évolution du rôle envisagé pour la MINURSO, dont les missions seraient davantage centrées sur le soutien au processus politique et les mesures de confiance.
La version avancée propose également de modifier l’appellation de la mission, qui deviendrait la « Mission politique des Nations unies pour le Sahara ». Ce changement refléterait la volonté de privilégier une approche politique du dossier, sans confier à la mission l’organisation d’un référendum.
Le texte traduit ainsi une volonté de redéfinir les mécanismes d’intervention des Nations unies, tout en maintenant la recherche d’une solution politique négociée.
Un mécanisme consultatif envisagé pour les populations sahraouies
Parmi les nouveautés figure la possibilité de mettre en place un mécanisme consultatif destiné à recueillir les avis des populations sahraouies sur la proposition marocaine d’autonomie.
Les consultations envisagées pourraient concerner plusieurs catégories d’interlocuteurs : des représentants vivant au Sahara, des membres de la diaspora et des personnes résidant dans les camps de réfugiés. L’objectif serait de prendre en considération une diversité de points de vue, sans organiser de scrutin référendaire.
Le secrétaire général des Nations unies serait invité à présenter, dans un délai de six mois, différentes options pour la mise en place de ce dispositif. Celui-ci aurait une fonction consultative et ne se substituerait pas à un référendum.
Selon les éléments rapportés par Hespress Français, qui cite l’agence italienne Agenzia Nova, la seconde version du projet accorde une place plus explicite au principe d’autodétermination et prévoit ce mécanisme comme une piste complémentaire dans la recherche d’une solution politique.
Le dossier des réfugiés de Tindouf reste présent
Le projet de résolution aborde également la situation des réfugiés de Tindouf, en Algérie. Il maintient la demande d’enregistrement des réfugiés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ainsi que la recherche de solutions durables.
Parmi les options évoquées figure le retour volontaire dans des conditions sûres et dignes. La version amendée ne reprend toutefois pas le délai initial de six mois qui avait été envisagé pour ce volet.
Cette approche maintient la question humanitaire parmi les éléments du dossier, tout en assouplissant le calendrier prévu dans la première version du texte.
Une dimension économique et régionale renforcée
La version amendée encourage également le développement économique et social au Sahara. Elle évoque la possibilité de créer un fonds spécial consacré au développement, ainsi qu’au renforcement de la coopération et de l’intégration régionales.
Au-delà des changements apportés au calendrier, le projet américain vise donc à faire évoluer plusieurs dimensions du mandat de la MINURSO : son orientation politique, les modalités de consultation, la question des réfugiés et la coopération régionale.
Ces propositions restent liées à l’issue du processus onusien et au vote sur le renouvellement du mandat. Elles ouvrent la perspective d’une restructuration de la mission, dont les modalités dépendront des décisions prises dans le cadre des Nations unies.
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