Salé : l’Incubateur Digital Solidaire accélère la formation des talents marocains en IA et IoT
À Salé, l’Incubateur Digital Solidaire s’impose comme l’un des points d’appui du Maroc pour développer des compétences nationales dans les technologies avancées. À travers le programme « Génération AIoT », le Royaume veut rapprocher formation, innovation et emploi tout en renforçant sa souveraineté numérique.
Former les compétences dont l’économie numérique a besoin
L’intelligence artificielle et l’internet des objets occupent désormais une place centrale dans la transformation des économies. Au Maroc, cette évolution s’accompagne d’un effort visant à faire émerger des profils capables de concevoir et de déployer ces technologies localement.
C’est précisément la vocation de l’Incubateur Digital Solidaire (IDS) de Salé. Lors d’une visite effectuée lundi dans ce centre, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a mis en avant l’importance des formations proposées dans les domaines de l’IA et de l’IoT.
L’objectif dépasse ainsi la seule acquisition de compétences techniques. Il s’agit également de répondre aux besoins du marché du travail et de préparer de jeunes Marocains aux métiers qui accompagneront les transformations économiques à venir.
« Génération AIoT » mise sur la pratique
Lancé en février 2026, le programme national « Génération AIoT » repose sur un principe : associer apprentissage spécialisé et expérience concrète.
Le dispositif a déjà suscité un intérêt important, avec plus de 2.118 candidatures enregistrées. À Salé et Casablanca, 95 talents ont intégré le programme.
À Salé, la première promotion comptait 46 participants. Après quatre mois consacrés à la formation et à la spécialisation, ces jeunes ont entamé, à partir du 24 juin, une nouvelle étape consacrée aux projets réalisés dans un environnement professionnel.
Cette immersion doit permettre aux participants de transformer leurs connaissances en solutions directement applicables dans différents secteurs.
Des projets dans la santé, les mines et la finance
Les talents formés à Salé travaillent désormais sur des applications couvrant un éventail particulièrement large de domaines.
La santé, les mines et l’industrie figurent parmi les secteurs concernés, aux côtés de la finance, de la logistique, de la recherche scientifique, de l’éducation et des technologies numériques.
Cette orientation vers des projets concrets constitue l’un des principaux atouts du programme. Elle permet de rapprocher les compétences développées dans les centres de formation des besoins réels des entreprises, des institutions et des différents secteurs de l’économie.
Pour les autorités marocaines, cette approche doit également favoriser une insertion professionnelle plus rapide et plus durable des jeunes formés.
Une ambition nationale de 20.000 jeunes d’ici 2030
Après une première phase à Salé et Casablanca, « Génération AIoT » entre désormais dans une nouvelle étape avec l’ouverture de promotions à Fès et Oujda.
Le dispositif doit progressivement atteindre un rythme de 1.200 talents formés chaque année à partir de février 2027. L’organisation prévoit notamment trois promotions à Casablanca, deux à Fès et deux à Oujda, en complément du dispositif installé à Salé.
À plus long terme, l’ambition affichée est beaucoup plus large : généraliser le programme afin de former 20.000 jeunes à l’horizon 2030.
Cette montée en puissance doit contribuer à la création d’un écosystème national capable de soutenir l’innovation technologique et de renforcer la place du Maroc dans le paysage africain de l’intelligence artificielle.
La souveraineté numérique au cœur de « Maroc Digital 2030 »
Derrière la formation se dessine un enjeu stratégique : disposer de compétences nationales capables de participer directement au développement des technologies avancées.
Le programme « Génération AIoT » s’inscrit ainsi dans les ambitions de Maroc Digital 2030 et dans la feuille de route « AI Made in Morocco ». Le développement des talents locaux constitue l’un des leviers permettant au Royaume de réduire sa dépendance technologique et de mieux maîtriser les usages de l’intelligence artificielle et de l’internet des objets.
Fruit d’un partenariat entre le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, la Fondation Mohammed V pour la Solidarité et ABA Technology, le dispositif entend ainsi faire de la formation un moteur à la fois économique, professionnel et technologique.
À Salé, les premiers résultats servent désormais de point de départ à une stratégie plus ambitieuse : faire émerger une génération de spécialistes capables de contribuer à l’innovation « made in Morocco » et de soutenir les ambitions numériques du Royaume à l’échelle africaine.
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