Samsung et Le Vietnam : Une alliance fragilisée par les tensions commerciales avec les États-Unis
Depuis plus de trois décennies, le géant sud-coréen Samsung a bâti une relation étroite avec le Vietnam, jusqu’à en faire le cœur battant de sa production mondiale de smartphones. Mais aujourd’hui, cette alliance stratégique est mise à l’épreuve par les tensions commerciales entre Hanoï et Washington, dans un contexte d’escalade tarifaire initiée par l’administration Trump.
Lors de sa rencontre avec le Premier ministre vietnamien en juillet dernier, le président de Samsung Electronics, Jay Y. Lee, a réaffirmé l’engagement de son groupe : « Le succès du Vietnam est celui de Samsung. » Un message qui souligne combien la croissance des deux parties semble étroitement liée.
Entré au Vietnam en 1989, Samsung en est devenu aujourd’hui le plus grand investisseur étranger. Environ 60 % des 220 millions de téléphones que la marque vend chaque année sont assemblés sur le sol vietnamien, principalement pour le marché américain. Une prouesse industrielle qui a hissé le Vietnam au rang de plateforme incontournable dans la chaîne d’approvisionnement globale du groupe.
Mais cette dépendance pourrait se retourner contre Samsung. L’administration Trump envisage une taxe douanière de 46 % sur les produits électroniques vietnamiens destinés aux États-Unis. Bien qu’un moratoire ait récemment ramené ce taux à 10 % pour 90 jours, l’inquiétude persiste. Le Vietnam, avec son excédent commercial de 120 milliards de dollars vis-à-vis des États-Unis, est clairement dans le viseur.
Face à cette incertitude, Samsung et ses sous-traitants étudient des options pour délocaliser une partie de leur production. L’Inde et la Corée du Sud figurent parmi les alternatives, bien que cela implique des coûts élevés et des délais de mise en œuvre importants. L’usine de Gumi, en Corée, pourrait ainsi accueillir la fabrication de certains modèles destinés au marché américain.
La situation fragilise le modèle économique du Vietnam, qui misait depuis plusieurs années sur son statut de base industrielle à faible coût. L’arrivée massive d’investisseurs étrangers a conduit à des pénuries d’électricité, une hausse des salaires et une saturation de la main-d’œuvre qualifiée. Par ailleurs, la récente réforme fiscale conforme aux standards de l’OCDE a supprimé certaines incitations pour les grandes entreprises, ajoutant à la pression.
Alors que le Vietnam cherche à négocier un accord pour faire baisser les droits de douane, l’Inde se positionne habilement. Un accord commercial bilatéral avec les États-Unis est en préparation, et New Delhi espère en tirer profit pour attirer les géants de la tech cherchant à diversifier leur production.
En attendant une issue aux négociations, les salariés vietnamiens de Samsung retiennent leur souffle. Dans l’usine de Thai Nguyen, au nord de Hanoï, l’inquiétude est palpable. « J’ai peur qu’ils réduisent tout », confie une employée de 39 ans.
Avec plus de 54 milliards de dollars d’exportations l’an dernier, Samsung représente à lui seul près de 15 % du commerce extérieur vietnamien. La suite des événements pourrait donc avoir des répercussions économiques considérables, bien au-delà des murs des usines.
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