Serbie : Aleksandar Vucic démissionne avant les élections législatives anticipées
Le président serbe Aleksandar Vucic a annoncé dimanche 27 septembre sa démission de la présidence de la République, à quelques semaines des élections législatives anticipées prévues le 25 octobre. Cette décision ouvre également la voie à une nouvelle élection présidentielle, qui devrait se tenir avant la fin de l’année.
Réuni devant le palais présidentiel à Belgrade, un groupe de ses partisans a assisté à l’annonce du départ du chef de l’État. Aleksandar Vucic a indiqué qu’il remettrait formellement sa démission à la présidente de l’Assemblée nationale, Ana Brnabic, appelée à assurer l’intérim de la fonction présidentielle conformément aux dispositions constitutionnelles.
Une démission liée au prochain scrutin législatif
Aleksandar Vucic a expliqué avoir choisi de quitter la présidence afin de participer aux élections législatives sans bénéficier de la fonction présidentielle. Il doit conduire la liste de son Parti progressiste serbe (SNS) lors du scrutin du 25 octobre.
Son deuxième mandat présidentiel devait normalement prendre fin en mai 2027. La Constitution serbe ne lui permettant pas de briguer un troisième mandat, son retrait de la présidence intervient alors qu’il cherche désormais à jouer un rôle au sein du prochain gouvernement. S’il obtient une majorité parlementaire avec son parti et ses alliés, il pourrait prétendre au poste de Premier ministre.
La présidence par intérim sera assurée par Ana Brnabic jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’État. Selon les règles constitutionnelles rappelées par Reuters, le scrutin présidentiel doit intervenir dans un délai de 90 jours. Aleksandar Vucic a déclaré que le premier tour devrait se tenir d’ici la fin décembre.
Vucic défend son bilan économique
Dans son intervention, le président démissionnaire a également consacré une partie de son discours au bilan de ses années à la tête de l’État.
Il a notamment cité une baisse de la dette publique à environ 43 % du produit intérieur brut, ainsi que la création de plusieurs centaines de sites industriels et la construction de centaines de kilomètres d’autoroutes et de voies rapides.
Aleksandar Vucic a par ailleurs appelé les prochaines autorités à maintenir la stabilité du pays et à poursuivre les investissements dans des secteurs qu’il considère comme stratégiques, notamment l’innovation, l’intelligence artificielle, la robotique et l’éducation.
Une séquence électorale sur fond de contestation
La démission intervient dans un contexte politique tendu en Serbie. Le pays est traversé depuis novembre 2024 par un mouvement de protestation conduit notamment par des étudiants.
Le mouvement a commencé après l’effondrement, le 1er novembre 2024, d’un auvent en béton à la gare ferroviaire de Novi Sad, dans le nord du pays. La catastrophe avait causé la mort de 16 personnes et déclenché d’importantes manifestations réclamant notamment que les responsabilités soient établies.
Les mobilisations se sont progressivement transformées en un mouvement politique plus large. Les étudiants ont notamment réclamé des élections législatives anticipées et dénoncé ce qu’ils considèrent comme des problèmes de corruption et de fonctionnement des institutions. Les autorités serbes ont contesté certaines accusations portées contre elles, tandis que des organisations de défense des droits humains ont formulé des critiques concernant le traitement réservé aux manifestants.
Les législatives du 25 octobre au centre de l’attention
Aleksandar Vucic avait annoncé début septembre la dissolution du Parlement et la tenue d’élections législatives anticipées le 25 octobre. Le scrutin doit désormais constituer la prochaine étape d’une séquence électorale qui se poursuivra avec la présidentielle.
Le Parti progressiste serbe et ses alliés seront confrontés notamment à une mobilisation politique issue du mouvement étudiant, qui a officiellement présenté une liste pour les élections législatives. Plusieurs formations d’opposition doivent également participer au scrutin.
Le vote intervient ainsi après près de deux années de contestation et alors que la classe politique serbe se prépare à une double échéance électorale.
Un changement de fonction plutôt qu’un retrait de la vie politique
La démission d’Aleksandar Vucic ne signifie pas son retrait de la scène politique serbe. Son choix de conduire la liste du SNS aux législatives ouvre au contraire une nouvelle phase de son parcours politique.
Après avoir occupé les fonctions de Premier ministre puis de président depuis 2014, il cherche désormais à participer à la prochaine configuration gouvernementale par la voie parlementaire. L'issue du scrutin du 25 octobre déterminera la composition de la nouvelle majorité et, indirectement, les conditions dans lesquelles se déroulera la future élection présidentielle.
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