Sidi Yahya El Gharb : flambée des prix alimentaires et marché sous tension avant le Ramadan
À l’approche du mois sacré, la ville de Sidi Yahya El Gharb fait face à une pression inhabituelle sur ses marchés. Entre la hausse des prix des produits de première nécessité et les conséquences récentes d’inondations dans la région, les ménages doivent composer avec une équation budgétaire de plus en plus complexe.
Cette double contrainte pèse particulièrement sur les familles aux revenus modestes, déjà fragilisées par l’augmentation continue du coût de la vie.
Des étals plus chers qu’à l’accoutumée
Dans les marchés de quartier comme dans les petites épiceries, plusieurs produits de base affichent des tarifs en nette progression. Dattes, sésame, œufs et légumineuses figurent parmi les denrées les plus touchées.
Les commerçants évoquent plusieurs facteurs : hausse des coûts d’approvisionnement, renchérissement du transport et augmentation saisonnière de la demande à l’approche du Ramadan.
Abdelghani, propriétaire d’une boutique d’épices (aâttar), constate une affluence en hausse ces derniers jours. Selon lui, les produits typiquement consommés pendant le Ramadan arrivent déjà à des prix plus élevés chez les grossistes. « Nous sommes obligés d’ajuster nos tarifs pour continuer à travailler », explique-t-il.

Il observe également un changement de comportement chez les clients : davantage de comparaisons, des achats plus réfléchis et parfois des quantités réduites.
L’impact des intempéries sur l’approvisionnement
Les récentes inondations ayant affecté la région ont accentué cette tension. Routes endommagées, retards de livraison et perturbations logistiques ont ralenti l’acheminement de certaines marchandises vers la ville.
Mohamed, gérant d’une épicerie, confirme que certains produits arrivent avec du retard ou en quantités limitées. Cette situation réduit temporairement l’offre disponible sur les marchés locaux, ce qui contribue mécaniquement à la hausse des prix.
« Maintenir un équilibre entre prix et pouvoir d’achat devient de plus en plus difficile », confie-t-il, soulignant la pression croissante sur les petits commerçants.

Des ménages contraints d’arbitrer
Pour de nombreuses familles, la préparation du Ramadan nécessite désormais une organisation budgétaire plus rigoureuse. Certains habitants indiquent devoir réduire les quantités achetées ou opter pour des alternatives moins coûteuses afin de préserver l’équilibre financier du foyer.
Fatima, ouvrière dans une usine de câblage et mère de deux enfants, explique que cette année la planification des dépenses alimentaires demande davantage de discipline. Elle affirme se concentrer sur l’essentiel, estimant que « le coût de la vie a nettement augmenté ».
Une période traditionnellement sensible
Chaque année, la période précédant le Ramadan représente un moment délicat pour les marchés alimentaires. L’augmentation des achats liés aux repas familiaux exerce une pression supplémentaire sur certains produits incontournables des tables marocaines.
Lorsque cette demande saisonnière s’ajoute à des facteurs exceptionnels, comme les intempéries récentes, l’effet sur les prix devient plus perceptible pour les consommateurs.
Des appels à un renforcement des contrôles
Face à cette situation, plusieurs habitants et acteurs associatifs appellent à un contrôle accru des marchés et à davantage de transparence dans la formation des prix. Selon eux, une surveillance plus visible contribuerait à limiter les hausses injustifiées et à préserver le pouvoir d’achat pendant cette période sensible.
Au-delà de l’enjeu économique, la question revêt une dimension sociale importante : garantir l’accès aux produits essentiels durant le Ramadan demeure, pour beaucoup, une responsabilité collective.
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