Sierra Leone : Julius Maada Bio veut faire adopter la réforme électorale avant 2028
Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a appelé dimanche les parlementaires à accélérer l’adoption d’une réforme constitutionnelle et électorale appelée à modifier plusieurs règles du processus électoral avant la prochaine présidentielle, prévue en 2028.
S’exprimant à Freetown dans un discours retransmis par la télévision nationale, le chef de l’État a défendu un texte actuellement examiné par le Parlement, mais qui continue de susciter des divergences entre la majorité et l’opposition.
Un appel direct aux parlementaires
Alors qu’il achève son deuxième et dernier mandat présidentiel, Julius Maada Bio veut voir aboutir cette réforme avant la prochaine échéance électorale. Le président affirme que le projet est le résultat de plusieurs années de consultations et qu’il tient compte des contributions provenant de différentes composantes de la société sierra-léonaise.
Il a ainsi appelé les députés à se prononcer en faveur du texte au nom de l’intérêt général et de l’avenir démocratique du pays, plutôt que de considérations liées aux partis politiques ou aux personnalités.
Au cœur des discussions figure notamment une refonte des modalités d’organisation des élections, avec l’introduction envisagée d’un système de représentation proportionnelle.
Le seuil présidentiel au centre des débats
L’une des principales dispositions de la réforme concerne le mode d’élection du président. Le texte prévoit d’abaisser le seuil actuellement fixé à 55 % des suffrages pour accéder à la victoire au premier tour.
Selon le nouveau dispositif, un candidat pourrait être déclaré élu avec 50 % des voix plus une, à condition également d’obtenir au moins 20 % des suffrages valablement exprimés dans les deux tiers des districts du pays.
Si aucun candidat ne parvient à satisfaire ces deux critères, un second tour serait organisé.
Pour les défenseurs de cette modification, ce mécanisme permettrait notamment de limiter les coûts liés à l’organisation d’un deuxième tour et de réduire les tensions politiques ainsi que les risques sécuritaires susceptibles d’accompagner les scrutins présidentiels.
L’opposition défend le seuil de 55 %
La proposition est cependant loin de faire consensus au Parlement. Le Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), au pouvoir, soutient le changement du seuil électoral et considère qu’une majorité de plus de la moitié des suffrages constitue une base suffisante pour établir la victoire d’un candidat.
À l’inverse, le principal parti d’opposition, le Parti du Congrès de Tout le Peuple (APC), souhaite conserver le seuil de 55 %.
L’opposition estime qu’un niveau de soutien plus élevé oblige les candidats à rechercher une implantation électorale plus large à travers le pays. Pour l’APC, cette exigence contribuerait également à renforcer la légitimité du futur président.
Un quota de 30 % pour les femmes
La réforme envisagée ne porte pas uniquement sur le mode de scrutin présidentiel. Elle prévoit également l’instauration d’un quota de 30 % de femmes dans l’accès aux fonctions de gouvernance politique.
Le projet entend par ailleurs intégrer davantage les réalités régionales, l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que la représentation des minorités dans les décisions liées à la formation du gouvernement et aux nominations effectuées par le chef de l’État.
Ces dispositions sont présentées par leurs promoteurs comme des moyens de renforcer l’inclusion au sein des institutions politiques.
La représentation proportionnelle également en débat
Le projet de réforme prévoit aussi de faire évoluer le système de représentation électorale vers un modèle proportionnel.
Ses partisans considèrent qu’un tel changement pourrait favoriser une meilleure représentation des différentes composantes de la société, notamment les femmes, les jeunes et les minorités.
Ils y voient également un outil susceptible de renforcer la cohésion nationale et de contribuer à réduire les tensions et les violences politiques au niveau local.
Le texte reste toutefois soumis aux débats parlementaires. La confrontation entre la majorité présidentielle, favorable à une évolution du système, et l’opposition, qui défend notamment le maintien du seuil de 55 %, devrait continuer de peser sur les discussions à l’approche de la présidentielle de 2028.
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