Somalie : La croissance économique freinée par la sécheresse et la baisse de l’aide internationale
L’économie de la Somalie devrait poursuivre son ralentissement au cours des prochaines années, dans un contexte marqué par la diminution des financements extérieurs, la pression climatique et la hausse persistante du coût de la vie. Selon les dernières projections du Groupe de la Banque mondiale, la croissance du pays devrait se limiter à environ 3 % en 2025, contre près de 4 % enregistrés entre 2023 et 2024.
Dans son Rapport sur la situation économique de la Somalie (SEU) 2026, publié cette semaine, l’institution financière souligne que plusieurs facteurs combinés ont fragilisé l’activité économique nationale. La réduction de l’aide humanitaire et sécuritaire, les conséquences de la sécheresse sur les activités agricoles ainsi que la hausse des prix ont pesé lourdement sur la consommation des ménages et les capacités de production.
Le rapport fait état d’une stagnation du PIB réel par habitant, révélatrice des difficultés rencontrées par une population déjà confrontée à une forte vulnérabilité économique et sociale. Les secteurs dépendants des conditions climatiques restent particulièrement exposés aux perturbations environnementales, notamment dans les zones rurales où les moyens de subsistance reposent largement sur l’agriculture et l’élevage.
L’inflation poursuit également sa progression. Les prix à la consommation ont augmenté de 3,7 % en 2025 contre 3,3 % un an plus tôt. Cette accélération s’explique principalement par la hausse des coûts liés à l’alimentation, aux transports et aux services publics, aggravant davantage la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
Pour Hideki Matsunaga, la Somalie a néanmoins réalisé des avancées notables dans le renforcement de ses institutions macroéconomiques et de sa gouvernance financière. Le responsable estime toutefois que l’accumulation des chocs économiques et climatiques freine désormais la dynamique de croissance et affecte directement l’emploi ainsi que les revenus des populations.
Le rapport insiste également sur la nécessité d’engager des réformes structurelles capables de soutenir une croissance plus résiliente. Parmi les priorités identifiées figure l’amélioration de l’accès à une électricité fiable, accessible et durable, considérée comme un levier essentiel pour stimuler l’activité économique et renforcer la compétitivité du pays.
Sur le plan social, les perspectives demeurent préoccupantes. La Banque mondiale observe un ralentissement de la réduction de la pauvreté en 2025, conséquence directe de la baisse de l’aide extérieure, de la sécheresse et de l’augmentation des prix alimentaires. Cette situation accentue l’insécurité alimentaire et fragilise davantage les conditions de vie des ménages les plus exposés.
Les projections économiques pour les prochaines années restent prudentes. La croissance du PIB réel est estimée à 2,8 % en 2026 avant une légère amélioration à 3,1 % en 2027. Ces prévisions demeurent toutefois conditionnées par plusieurs facteurs de risque, notamment la poursuite des restrictions de l’aide internationale, les aléas climatiques, les tensions inflationnistes mondiales et les capacités de production encore limitées du pays.
Le document prévoit également une hausse plus marquée de l’inflation en 2026, avec un taux pouvant atteindre 6 %, avant une stabilisation progressive à moyen terme si les chocs économiques et climatiques venaient à s’atténuer.
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