Souveraineté énergétique : le Maroc accélère ses capacités de stockage avec un investissement de 6 milliards de dirhams
Face aux enjeux de sécurité d'approvisionnement, la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a dévoilé ce lundi un plan d'envergure pour muscler les réserves stratégiques d'hydrocarbures. Entre l'exploitation des actifs de la SAMIR et l'émergence du pôle Nador West Med, le Royaume redessine sa carte logistique énergétique.
Le Maroc renforce son bouclier énergétique. Lors d'une séance de questions orales à la Chambre des représentants ce lundi, Leila Benali a détaillé la stratégie gouvernementale visant à sécuriser les stocks nationaux. Cette feuille de route repose sur une montée en puissance des infrastructures de stockage, soutenue par une hausse des investissements de plus de 30 % au cours des trois dernières années. En 2025, la capacité globale du pays devrait ainsi atteindre 3,2 millions de mètres cubes.
Un horizon 2030 ambitieux et un pivot vers le port de Nador
Le gouvernement ne compte pas s'arrêter là. Le ministère accompagne actuellement des programmes d'investissement visant à ajouter 1,5 million de mètres cubes supplémentaires d'ici 2030. Ce chantier colossal nécessite une enveloppe globale de 6 milliards de dirhams. Une étape charnière sera franchie dès 2026, année durant laquelle un tiers de cet investissement sera injecté dans l'économie.
Au-delà de l'aspect quantitatif, la ministre a insisté sur un rééquilibrage territorial. Actuellement, 80 % des capacités de stockage sont concentrées dans les régions de Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan. Pour rompre avec cette polarisation, les futurs efforts se tourneront vers de nouveaux pôles, notamment le port de Nador West Med. Ce dernier a vocation à devenir une place forte pour les hydrocarbures et le stockage du gaz naturel.
Défis spécifiques pour le gaz butane et l'aviation
Si les analyses actuelles indiquent que les réserves sont satisfaisantes pour le gasoil, l'essence et le fuel, des zones de vigilance subsistent. Leila Benali a notamment pointé du doigt les besoins en gaz butane et en carburant aérien. Pour combler ces lacunes, des projets spécifiques sont en cours pour augmenter les capacités de stockage de 400 000 mètres cubes pour le butane et de 100 000 mètres cubes pour le kérosène à l'horizon 2030.
Enfin, le gouvernement étudie l'utilisation des réservoirs de la société SAMIR pour optimiser le dispositif existant. L'exécutif s'engage également à faciliter les démarches administratives et l'obtention des autorisations pour les investisseurs, afin de garantir le respect du calendrier de cette réforme stratégique pour la souveraineté nationale.
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