Startups MENA : le Maroc chute en avril et perd son élan régional
Après le net ralentissement observé en mars, le financement des startups dans la région MENA a connu un rebond en avril 2026, traduisant une reprise réelle mais encore prudente de l’activité d’investissement. Selon les données de la plateforme Wamda, les levées de fonds ont atteint 150 millions de dollars à travers 27 opérations, soit une hausse spectaculaire de 211 % en un mois.
Cependant, cette reprise cache une dynamique encore fragile. Plus de la moitié des montants investis proviennent en réalité de la dette, avec environ 80 millions de dollars concentrés sur seulement deux opérations. Cette structure révèle une stratégie des investisseurs orientée vers des mécanismes plus sécurisés, dans un contexte encore incertain.
Un recul du Maroc dans le classement régional
Dans ce paysage en recomposition, le Maroc n’a pas réussi à capitaliser sur sa performance du mois précédent. Après avoir atteint la 3e place régionale en mars, le Royaume recule fortement en avril pour se positionner à la 7e place, avec une seule opération totalisant 1,7 million de dollars.
Ce recul contraste avec la position habituelle du Maroc, souvent situé autour de la 4e place dans la région. Il est désormais devancé par Oman (4e, 11 millions de dollars), la Jordanie (5e, 4 millions de dollars) et Bahreïn (6e, 3 millions de dollars).
En tête du classement, les Émirats arabes unis confirment leur domination avec 78 millions de dollars levés sur huit opérations, soit plus de la moitié du total régional. Ils sont suivis par l’Arabie saoudite (26,2 millions de dollars) et l’Égypte, qui maintient également une position solide avec plusieurs transactions significatives.
Cette contre-performance marocaine met en évidence la difficulté de maintenir une présence constante dans un écosystème régional très concentré autour de quelques hubs majeurs. Elle suggère également que la performance enregistrée en mars relevait davantage d’une opportunité ponctuelle que d’une tendance durable.
Des financements concentrés sur des secteurs clés
Sur le plan sectoriel, les startups en phase early-stage dominent largement l’activité avec 17 opérations totalisant 40,6 millions de dollars. À l’inverse, un seul deal de croissance a été enregistré, illustrant un marché encore peu mature en matière de scale-up.
Le secteur de la fintech confirme son statut de moteur principal du financement avec 89,4 millions de dollars levés sur sept opérations. Il est suivi par l’e-commerce (19,3 millions de dollars), les services en ligne (15 millions) et la foodtech (13 millions). Ces secteurs confirment leur résilience dans un contexte d’investissement plus sélectif.
Par ailleurs, les modèles économiques B2B captent la majorité des capitaux avec 95,8 millions de dollars, loin devant les modèles B2C (35,8 millions de dollars), ce qui confirme la préférence des investisseurs pour les solutions orientées entreprises.
Enfin, la question de la diversité reste en retrait : les startups fondées par des femmes ne représentent que 1,5 million de dollars levés, contre 138,8 millions pour les projets portés par des hommes, illustrant un déséquilibre encore marqué dans l’écosystème régional.
Une alerte pour l’écosystème marocain
Pour le Maroc, cette configuration constitue un signal d’alerte. L’écosystème national doit encore renforcer sa capacité à produire des projets structurés et compétitifs dans les secteurs les plus attractifs. La dynamique observée en mars n’est pas remise en cause, mais elle doit désormais être consolidée par une stratégie plus durable.
Le renforcement de la gouvernance des startups, l’orientation vers des secteurs porteurs comme la fintech et le B2B, ainsi que la valorisation d’événements internationaux tels que Gitex Africa apparaissent comme des leviers essentiels pour améliorer la visibilité du pays.
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