Syrie : à Alep, l’escalade militaire fragilise les négociations entre Damas et les Kurdes
Alep a vécu une troisième nuit consécutive de violences intenses, marquée par des affrontements directs entre l’armée syrienne et les forces kurdes dans plusieurs quartiers de la ville. Cette nouvelle flambée de combats, la plus grave observée ces dernières années dans la métropole du nord syrien, met en péril les fragiles discussions engagées entre le pouvoir central et les représentants de l’administration autonome kurde.
Jeudi, les forces gouvernementales ont mené des bombardements soutenus contre des zones à majorité kurde, notamment à Achrafieh et Cheikh Maqsoud, provoquant une panique généralisée parmi la population civile. Les tirs d’artillerie et les combats de rue se sont poursuivis jusque tard dans la soirée, transformant des quartiers densément peuplés en zones de guerre. Selon les autorités locales et des sources humanitaires, au moins 21 personnes ont été tuées depuis le début des affrontements.
La dégradation rapide de la situation humanitaire a contraint des milliers de civils à fuir leurs habitations. Des couloirs humanitaires temporaires ont été ouverts, permettant à près de 16 000 personnes de quitter les zones de combat en une seule journée. Malgré cela, de nombreux habitants sont restés piégés, redoutant les tirs de snipers et l’insécurité sur les routes de sortie. Les écoles, universités et commerces sont restés fermés, tandis que l’aéroport d’Alep a prolongé la suspension de ses activités et qu’un couvre-feu a été instauré dans plusieurs quartiers.
Sur le plan politique, ces violences interviennent à un moment particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS) tentent d’appliquer un accord visant à intégrer progressivement les structures administratives et militaires kurdes dans l’État syrien. Pour les responsables kurdes, l’offensive actuelle compromet directement toute perspective d’entente. Ils estiment que le recours à la force, en pleine phase de négociation, affaiblit la confiance et renforce le risque d’un conflit ouvert à plus grande échelle.
Au-delà d’Alep, la crise prend une dimension régionale inquiétante. La Turquie, alliée des autorités syriennes, a affirmé être prête à soutenir militairement Damas contre ce qu’elle qualifie de groupes « terroristes » kurdes. De son côté, Israël a publiquement condamné les attaques contre la minorité kurde et dénoncé l’inaction de la communauté internationale, ravivant ainsi la rivalité stratégique entre Ankara et Tel-Aviv sur le dossier syrien.
Les réactions internationales se multiplient. Les États-Unis ont exprimé leur « vive inquiétude » et appelé à un cessez-le-feu immédiat, tandis que l’Union européenne a exhorté toutes les parties à la retenue et à la protection des civils, à la veille d’importantes discussions diplomatiques à Damas. Sur le terrain, des manifestations de soutien aux Kurdes ont eu lieu dans le nord-est de la Syrie et dans plusieurs villes du sud-est de la Turquie.
Alors que la Syrie peine encore à retrouver une stabilité durable après plus d’une décennie de conflit, la bataille d’Alep rappelle la fragilité de l’équilibre actuel. Sans compromis politique rapide, cette escalade pourrait non seulement replonger la ville dans une violence prolongée, mais aussi ouvrir la voie à une confrontation régionale aux conséquences imprévisibles.
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