Syrie : l’Union européenne prolonge les sanctions ciblées contre les réseaux liés à l’ancien régime Assad
L’Union européenne poursuit sa stratégie de rééquilibrage vis-à-vis de la Syrie post-Assad. Les États membres ont décidé de maintenir jusqu’au 1er juin 2027 les mesures restrictives visant plusieurs personnalités et structures associées à l’ancien pouvoir syrien, tout en poursuivant parallèlement leur rapprochement diplomatique et économique avec Damas.
La décision a été officialisée par le Conseil de l’Union européenne à l’issue de l’examen annuel du régime de sanctions appliqué depuis le début du conflit syrien en 2011.
Bruxelles justifie le maintien de ces sanctions ciblées par la persistance de réseaux considérés comme proches de l’ancien appareil de pouvoir dirigé par Bachar al-Assad. Selon les institutions européennes, certaines structures liées à l’ex-régime continueraient d’exercer une influence susceptible de fragiliser la transition politique et les efforts de réconciliation nationale engagés dans le pays.
Les personnes et entités concernées restent soumises à plusieurs restrictions, notamment le gel de leurs avoirs financiers au sein de l’Union européenne. Les citoyens et entreprises européennes demeurent également interdits de toute mise à disposition de fonds ou de ressources économiques à leur profit. Des interdictions d’entrée sur le territoire européen continuent par ailleurs de s’appliquer aux individus sanctionnés.
Dans le même temps, l’Union européenne poursuit une stratégie d’assouplissement progressif de certaines mesures afin de soutenir la reconstruction et la relance économique syrienne. Sept entités ont ainsi été retirées de la liste des sanctions, parmi lesquelles les ministères syriens de la Défense et de l’Intérieur.
Cette évolution s’inscrit dans le changement d’approche amorcé par Bruxelles depuis la chute du régime Assad. En mai 2025, les États membres avaient décidé de lever l’ensemble des sanctions économiques européennes visant la Syrie, à l’exception des dispositifs liés aux enjeux sécuritaires.
L’objectif affiché par l’Union européenne est désormais d’accompagner une phase de transition présentée comme pacifique et inclusive, tout en facilitant la reconstruction économique du pays après plusieurs années de guerre et d’isolement international.
Depuis février 2025, plusieurs mécanismes de restrictions avaient déjà été allégés afin de favoriser les échanges avec les acteurs économiques syriens et de relancer certains secteurs essentiels.
Plus récemment, le Conseil de l’Union européenne a également acté le rétablissement complet de l’accord de coopération entre l’Union européenne et la Syrie, suspendu partiellement depuis 2011 à la suite des violations massives des droits humains attribuées à l’ancien régime.
Cette nouvelle orientation traduit la volonté des Européens d’adapter leur politique syrienne à la réalité post-conflit, en combinant ouverture diplomatique, soutien à la reconstruction et maintien d’une pression ciblée sur les anciens réseaux de pouvoir jugés encore influents.
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