Syrie : la fin d’une présence militaire américaine de plus de dix ans
Après plus d’une décennie de présence militaire, les forces américaines devraient achever leur retrait de Syrie dans un délai d’environ un mois, selon plusieurs sources diplomatiques et sécuritaires. Cette évolution marque un tournant majeur dans la stratégie internationale dans un pays longtemps au cœur de la lutte contre le jihadisme.
Le départ progressif des troupes intervient alors que les autorités centrales à Damas renforcent leur contrôle territorial. Au cours des dernières semaines, des zones précédemment administrées par des forces kurdes ont été reprises par le pouvoir central, modifiant l’équilibre militaire sur le terrain.
Dans le nord-est, le retrait a débuté depuis la base de Qasrak, située dans la province de Hassaké. Des convois logistiques transportant blindés et équipements ont été observés en direction de la frontière irakienne, illustrant la phase concrète de désengagement.
Au total, près d’un millier de militaires américains étaient déployés dans plusieurs bases, dont Al‑Tanf et Al‑Chaddadi. Ces installations servaient notamment de points d’appui pour des opérations aériennes contre le groupe Etat islamique.
Une lutte antijihadiste qui se transforme
La coalition internationale avait été formée après l’expansion fulgurante de l’organisation Etat islamique en 2014, à la faveur de la guerre civile syrienne. Bien que l’organisation ait perdu son contrôle territorial en 2019, elle conserve des cellules actives, notamment dans les zones désertiques.
Des attaques ponctuelles continuent d’être signalées, comme récemment dans la ville de Raqa, rappelant que la menace sécuritaire demeure malgré la défaite militaire du groupe.
Un retrait lié aux tensions régionales
Ce désengagement intervient également dans un contexte de repositionnement stratégique américain au Moyen-Orient, marqué par une attention accrue portée à Iran et aux négociations autour de son programme nucléaire. Selon des diplomates, les Etats-Unis pourraient désormais privilégier des frappes à distance depuis d’autres bases régionales.
Par ailleurs, avant leur départ, les forces américaines ont transféré plusieurs milliers de détenus présumés jihadistes vers Irak afin d’assurer la continuité de leur surveillance.
Le défi humanitaire et sécuritaire
Le retrait pose aussi la question de la gestion des camps et des prisons liés au conflit. Le camp d’Al‑Hol, qui accueillait des familles liées à des combattants étrangers, a récemment été fermé après des mouvements de fuite et une réorganisation du contrôle.
L’ONG Human Rights Watch a alerté sur la situation de milliers de femmes et d’enfants détenus pendant des années sans inculpation, appelant à des solutions durables et à une responsabilité accrue des pays d’origine.
Dans ce contexte, le retrait américain ouvre une nouvelle phase pour la Syrie, entre consolidation du pouvoir central, incertitudes sécuritaires et redéfinition du rôle des acteurs internationaux.
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