Taux directeur inchangé : la stratégie prudente de Bank Al-Maghrib face aux incertitudes
La Bank Al-Maghrib devrait, selon les analyses de BMCE Capital Global Research (BKGR), opter pour la continuité de sa politique monétaire lors de son deuxième conseil de l’année 2026, prévu le 23 juin. Le scénario central anticipé reste un maintien du taux directeur à 2,25%, dans un contexte économique jugé globalement stable mais encore sensible aux incertitudes internationales.
Dans son récent rapport « Flash Strategy Preview BAM : Conseil T2-2026 », BKGR estime que la prudence demeure le choix le plus cohérent. L’inflation domestique, bien que contenue sur l’ensemble de la période récente, a montré des signes de reprise progressive, passant de niveaux négatifs en début d’année à 0,9% en mars puis 1,7% en avril 2026. Cette évolution est principalement portée par la hausse des prix des carburants, eux-mêmes influencés par la volatilité des marchés énergétiques mondiaux.
La composante non alimentaire de l’inflation apparaît ainsi comme le principal moteur de cette accélération, dans un contexte marqué par une flambée de plus de 20% des prix des carburants sur un mois. Malgré cette tendance, les perspectives restent modérées. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) prévoit une inflation autour de 1,5% au deuxième trimestre, avec un scénario alternatif pouvant atteindre 2,3% en cas de persistance des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient.
Sur le plan des finances publiques, la situation budgétaire reste sous pression. À fin mai 2026, le déficit s’établit à 27,8 milliards de dirhams, en hausse par rapport à l’année précédente. Cette dégradation s’explique par une progression plus rapide des dépenses, aussi bien ordinaires qu’en investissement, comparée à l’évolution des recettes, malgré une amélioration notable des recettes fiscales.
Dans ce contexte, BKGR souligne que la trajectoire budgétaire demeure globalement alignée avec les objectifs de consolidation fixés par la Loi de Finances 2026. Le déficit devrait ainsi se stabiliser autour de 3,5% du PIB, tout en maintenant un niveau d’investissement public élevé afin de soutenir la croissance, en particulier dans les secteurs non agricoles.
Les conditions de financement restent, quant à elles, relativement favorables. L’enquête de la banque centrale indique une baisse du taux débiteur moyen à 4,66%, accompagnée d’une dynamique positive du crédit bancaire, en hausse de 7,8% sur un an. Cette évolution traduit un environnement monétaire toujours accommodant, soutenu par le maintien du taux directeur.
Sur les marchés, le Trésor continue de mobiliser activement les financements internes et externes, avec des levées significatives sur le marché domestique ainsi qu’une émission internationale réussie en euros. Les conditions de liquidité demeurent globalement stables, contribuant à une courbe des taux relativement maîtrisée.
Enfin, les enquêtes menées auprès des investisseurs institutionnels confirment un large consensus : la politique monétaire actuelle est jugée adaptée, et la probabilité d’un resserrement des taux d’ici la fin de l’année reste faible.
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