Taxis à Agadir : les professionnels dénoncent les dysfonctionnements des aides publiques
À Agadir, les chauffeurs de taxi contestent les modalités actuelles de distribution de l’aide destinée au secteur face à la hausse des prix des carburants. Ils dénoncent notamment l’exclusion des conducteurs effectifs, des tensions avec les détenteurs de licences et réclament une réforme durable du dispositif.
La colère monte chez les chauffeurs de taxi
Le mécontentement gagne du terrain parmi les professionnels du taxi à Agadir. Lors d’un rassemblement organisé sur l’avenue Mohammed V, plusieurs représentants du secteur ont exprimé leur opposition au mécanisme actuel de soutien financier mis en place pour atténuer l’impact de la flambée des prix des carburants.
Selon les professionnels, cette aide ne permettrait pas de répondre aux difficultés structurelles auxquelles le secteur est confronté. Les manifestants plaident ainsi pour des mesures plus durables, notamment une meilleure maîtrise des prix des carburants et la protection du pouvoir d’achat des citoyens.
Les professionnels ont également renouvelé leur demande concernant la reprise des activités de la raffinerie Samir, considérée par certains acteurs du secteur comme un levier potentiel pour contribuer à une meilleure régulation du marché des hydrocarbures.
Une aide au cœur des tensions entre propriétaires et conducteurs
L’un des principaux points de désaccord concerne le bénéficiaire effectif de l’aide exceptionnelle. Les chauffeurs dénoncent le fait que les versements soient attribués aux détenteurs des licences de taxi, alors que les conducteurs assurent quotidiennement l’exploitation des véhicules et prennent notamment en charge les dépenses liées au carburant.
Cette situation nourrit depuis plusieurs années des tensions entre propriétaires de licences et chauffeurs. Les premiers revendiqueraient le contrôle des aides, tandis que les seconds demandent que le soutien financier bénéficie directement à ceux qui exercent réellement l’activité.
Les professionnels s’appuient notamment sur la circulaire n°1026 du 1er décembre 2022 du ministère de l’Intérieur. Celle-ci prévoit, des dispositions concernant les exploitants non conducteurs qui ne reverseraient pas aux chauffeurs la part de soutien qui leur revient.
Les syndicats réclament une réforme du dispositif
Face à la persistance des différends, les représentants des chauffeurs appellent à revoir en profondeur le mécanisme de distribution des aides publiques. Ils souhaitent notamment que les montants destinés au soutien du secteur soient versés directement aux conducteurs actifs afin de limiter les conflits et les risques de retenue ou de détournement des sommes.
Les professionnels évoquent également des situations de pression et d’abus d’autorité qu’ils attribuent à certains exploitants. Pour les syndicats, la réforme du système doit donc permettre de mieux protéger les chauffeurs, tout en garantissant une utilisation équitable et transparente des fonds publics.
Au-delà de l’aide financière ponctuelle, les taximen d’Agadir réclament ainsi des solutions capables de répondre aux difficultés économiques qui fragilisent durablement leur activité.
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