Tensions au Moyen-Orient : un cessez-le-feu temporaire salué par Washington et Téhéran
Mercredi, les États-Unis et l’Iran ont chacun proclamé leur victoire après avoir conclu un cessez-le-feu de deux semaines, conditionné par la réouverture temporaire du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transit du pétrole mondial. Une trêve que Téhéran et Washington ont saluée, et qu’Israël dit soutenir tout en excluant le Liban de l’accord.
« Une victoire totale et complète. 100 %, il n’y a aucun doute là-dessus », a déclaré le président américain Donald Trump à l’AFP, affirmant que la question de l’uranium iranien serait « parfaitement réglée ». Il n’a toutefois pas précisé s’il maintiendrait ses menaces initiales de frapper les infrastructures iraniennes en cas d’échec de l’accord. Selon lui, la Chine a joué un rôle de médiation pour convaincre l’Iran de rejoindre la table des négociations.
De son côté, le Conseil suprême de sécurité iranien a estimé que « l’ennemi a subi une défaite indéniable, historique et écrasante », proclamant « une grande victoire » pour Téhéran. Des pourparlers doivent s’ouvrir vendredi au Pakistan, médiateur clé du conflit entamé le 28 février, qui a déjà fait des milliers de morts.
Avant l’annonce officielle du cessez-le-feu, Donald Trump avait écrit sur Truth Social : « Sous réserve que la République islamique d’Iran accepte l’ouverture totale, immédiate et sécurisée du détroit d’Ormuz, j’accepte de suspendre les bombardements et les attaques pour deux semaines ». Il a ajouté que des discussions « très avancées » étaient en cours pour un accord de paix « à long terme ».
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial avant le conflit, sera partiellement rouvert sous la surveillance de l’armée iranienne, selon le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. L’Iran demande également la levée des sanctions et maintient que l’enrichissement d’uranium pourrait se poursuivre, selon sa version du plan communiquée à l’ONU.
La nouvelle a eu un impact immédiat sur les marchés : le pétrole, WTI et Brent, a chuté de plus de 15 %, repassant sous les 100 dollars le baril, tandis que les Bourses de Tokyo et Séoul ont ouvert en forte hausse.
Concernant le Liban, Israël a précisé que le cessez-le-feu ne s’applique pas à ce pays. Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes y ont fait plus de 1 500 morts. Mardi, l’armée israélienne avait déployé ses troupes jusqu’à une « ligne de défense avancée » dans le sud du Liban contre le Hezbollah, mouvement pro-iranien. Trois salves de missiles venus d’Iran ont également été signalées mercredi, peu après l’annonce américaine.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué cette pause temporaire dans les hostilités tout en appelant à une « paix durable ». L’Irak, touché par le conflit, s’est également félicité du cessez-le-feu et a appelé à « des voies de dialogue sérieuses et durables » pour résoudre les différends à long terme.
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