Textile au Maroc : un investissement chinois de 2,29 milliards de dirhams pour créer un pôle industriel intégré
Le groupe chinois Shengtai prévoit de renforcer sa présence industrielle au Maroc avec un projet textile intégré évalué à près de 2,29 milliards de dirhams. Implanté sur environ 34 hectares, le futur complexe ambitionne de couvrir plusieurs étapes de la production, de la filature du coton à la confection, avec plusieurs milliers d’emplois à la clé.
Le textile marocain pourrait bientôt franchir une nouvelle étape dans son développement industriel. Le groupe chinois Shengtai Intelligent Manufacturing Group a annoncé la signature d’un accord d’investissement portant sur la création du « Shengtai Morocco Green Textile Industrial Park », une plateforme industrielle intégrée destinée notamment aux marchés internationaux.
D’un montant annoncé d’environ 2,29 milliards de dirhams, le projet doit réunir sur un même site plusieurs activités de la chaîne textile : filature, tissage, teinture, finition et confection. Une organisation qui permettrait au groupe de mieux maîtriser ses approvisionnements, ses coûts et ses délais de production.
Un complexe industriel de 34 hectares
Le futur site devrait s’étendre sur près de 34 hectares, dans l’axe Fès-Skhirat. Il accueillera différentes unités destinées à assurer une production allant des matières premières textiles jusqu’aux vêtements finis.
Selon les capacités communiquées, le complexe pourrait notamment disposer de 100.000 broches de filature de coton, produire environ 15 millions de mètres de tissus tissés par an et atteindre une capacité de 10.800 tonnes de tissus teints et finis.
La confection devrait également occuper une place importante dans le dispositif, avec un objectif annoncé d'environ 22 millions de pièces d’habillement par an.
Cette configuration donne au projet une dimension qui dépasse celle d’une simple usine de confection. L’objectif est de constituer une chaîne de production largement intégrée, capable de transformer le coton en fil, puis en tissu avant de produire les articles finis.
Plus de 8.500 emplois annoncés
L’un des principaux enjeux du projet concerne son impact sur l’emploi. Selon les données présentées, l’implantation pourrait générer environ 7.000 emplois directs, auxquels s’ajouteraient plus de 1.500 emplois indirects.
L’investissement pourrait ainsi contribuer à renforcer les compétences locales dans plusieurs métiers industriels : production textile, contrôle qualité, maintenance, technologies de fabrication, logistique ou encore gestion des chaînes d’approvisionnement.
Au-delà des emplois directement liés au complexe, l’arrivée d’un acteur industriel de cette taille pourrait également stimuler la création d’un réseau de fournisseurs et de prestataires marocains.
Une stratégie tournée vers l’export
Pour le groupe chinois, le Maroc constitue surtout une plateforme permettant de se rapprocher de ses marchés internationaux.
La proximité du Royaume avec l’Europe, ses infrastructures portuaires et logistiques ainsi que ses connexions commerciales avec plusieurs marchés constituent autant d’atouts pour une entreprise dont la production est largement orientée vers l’extérieur.
Cette implantation intervient également dans un contexte de recomposition des chaînes industrielles mondiales. Pour les groupes asiatiques, disposer de capacités de production situées à proximité des principaux marchés de consommation permet de réduire certains délais logistiques et de diversifier les sources d’approvisionnement.
Un enjeu pour l’intégration du textile marocain
L’intérêt du projet réside surtout dans son intégration verticale. Le Maroc dispose déjà d’un secteur important de confection destiné notamment aux marchés européens, mais une partie des matières et des intrants nécessaires à cette industrie est produite à l’étranger.
Avec une présence accrue dans la filature, le tissage, la teinture et la finition, un complexe de cette nature pourrait contribuer à développer davantage les maillons situés en amont de la confection.
À terme, les fabricants locaux pourraient bénéficier d’un accès plus direct à certains intrants, tandis que de nouveaux fournisseurs spécialisés pourraient apparaître autour du projet.
Le Maroc veut monter en gamme
L’implantation annoncée de Shengtai s’inscrit ainsi dans une évolution plus large du modèle industriel marocain. L’enjeu n’est plus seulement d'attirer des unités de confection destinées à l’exportation, mais également de développer progressivement une chaîne textile plus complète et à plus forte valeur ajoutée.
Si les capacités annoncées sont effectivement atteintes, le projet pourrait donc avoir un impact dépassant largement les limites de son site industriel, en renforçant les activités de sous-traitance, la logistique, la formation et l’approvisionnement local.
Pour le Maroc, cet investissement chinois représente ainsi une nouvelle opportunité de consolider sa position de plateforme industrielle entre l’Europe, l’Afrique et les marchés internationaux.
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