Tomate au Maroc : la flambée des prix met consommateurs et producteurs sous pression
La hausse soudaine du prix de la tomate sur les marchés marocains provoque un mécontentement grandissant chez les consommateurs. En quelques jours seulement, le kilogramme a atteint 12 dirhams, alors qu’il se vendait autour de 5 dirhams pendant le mois de Ramadan. Cette progression rapide ravive les inquiétudes liées au coût de la vie et à l’augmentation continue des produits de grande consommation dans plusieurs villes du royaume.
Selon plusieurs professionnels du secteur, cette flambée s’explique par un déséquilibre entre l’offre disponible et une demande toujours soutenue. Dans la région du Souss-Massa, principal pôle de production de tomates au Maroc, les volumes mis sur le marché restent insuffisants pour répondre aux besoins nationaux. À cela s’ajoute la hausse du prix des carburants, qui alourdit les coûts de transport et pèse directement sur le tarif final payé par les ménages.
La situation a également été aggravée par des conditions climatiques difficiles. De fortes rafales de vent ont récemment touché certaines zones agricoles de la province de Chtouka Aït Baha, causant des dégâts dans plusieurs exploitations sous serre. Ces pertes ont réduit les quantités disponibles, poussant le prix de la caisse de tomates à des niveaux élevés et obligeant les commerçants à répercuter cette augmentation sur les étals. Dans plusieurs marchés, cette hausse a entraîné une baisse de la fréquentation, de nombreux clients préférant limiter leurs achats.
Pour freiner cette envolée, les autorités ont décidé de suspendre temporairement l’exportation de certaines catégories de tomates vers plusieurs marchés africains. Cette mesure vise à renforcer l’approvisionnement du marché local, mais elle suscite une forte contestation parmi les exportateurs. Ces derniers estiment que cette décision, prise sans concertation préalable, fragilise les engagements commerciaux et provoque des pertes importantes pour les entreprises concernées.
Face à cette crise, les professionnels de la filière appellent à un dialogue rapide avec les pouvoirs publics. Ils demandent la mise en place de solutions capables de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs tout en protégeant l’équilibre économique d’un secteur essentiel pour l’agriculture marocaine.
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