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Transactions d’échange suspectes : des enquêtes financières révèlent un système d’évasion sophistiqué
Les services financiers marocains intensifient leurs investigations autour de transactions immobilières et commerciales suspectes, repérées dans plusieurs grandes villes du pays, notamment Casablanca, Tanger, Marrakech et El Jadida. Ces opérations, réalisées sous forme d’« échanges » non monétaires, pourraient constituer un mécanisme structuré de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale, impliquant des hommes d’affaires et des Marocains résidant à l’étranger (MRE).
Un circuit parallèle pour contourner le système bancaire
Selon des sources proches du dossier, plusieurs entrepreneurs auraient échangé des appartements, des terrains ou des locaux commerciaux contre des services, sans aucun passage par le système bancaire. Cette méthode, présentée comme une forme d’échange commercial, aurait permis à ses auteurs de dissimuler des flux financiers importants, d’éviter la traçabilité bancaire et de soustraire des transactions à l’impôt.
Ces échanges « fictifs » concernent des biens revendus rapidement ou intégrés à des projets déjà en cours, notamment dans l’immobilier ou l’enseignement privé. À Casablanca, un terrain acquis via ce mécanisme aurait été utilisé dans la création d’une école privée, aujourd’hui au cœur des investigations.
L’ANRF et l’Office des changes en première ligne
Face à la multiplication de ces opérations, l’Autorité nationale de renseignement financier (ANRF) a renforcé ses contrôles, en collaboration étroite avec les inspecteurs de l’Office des changes. Leur objectif : vérifier la nature réelle des transactions et déterminer l’origine des fonds, parfois liés à des transferts via des circuits informels ou des réseaux parallèles de change.
Les enquêtes visent également à établir d’éventuels liens entre certains acteurs impliqués et des réseaux internationaux de trafic de drogues, une hypothèse prise au sérieux par les autorités en raison de montants importants circulant hors de tout cadre légal.
Des pertes fiscales importantes pour l’État
La Direction générale des impôts a été associée aux investigations afin d’évaluer l’impact financier de ces pratiques. Les transactions réalisées en dehors de tout cadre comptable éviteraient plusieurs types de taxes, notamment la TVA et l’impôt sur les sociétés, privant ainsi l’État de recettes significatives.
Dans certains projets immobiliers, plusieurs fournisseurs auraient été rémunérés en appartements ou locaux commerciaux, y compris à partir de biens initialement prévus pour des infrastructures publiques avant d’être redirigés vers des projets privés comme des écoles, des salles de sport ou des commerces.
Des litiges internes qui ont servi de déclencheur
C’est à la suite d’un désaccord entre partenaires d’une société immobilière que les premières irrégularités ont été signalées. Un entrepreneur du bâtiment, accusé de favoritisme après avoir bénéficié de biens sans paiement apparent, avait en réalité conclu un accord d’échange contre ses services. Cette révélation a mis en lumière l’existence d’un système plus vaste, touchant différentes entreprises et secteurs.
Un dossier encore en cours d’instruction
Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’étendue de ce réseau d’échange suspect et d’identifier toutes les responsabilités. Les autorités financières mettent en avant la nécessité de renforcer la transparence des transactions immobilières et de resserrer les contrôles sur les opérations impliquant les MRE, souvent utilisées pour justifier des flux financiers non documentés.
Ce dossier, qui combine blanchiment potentiel, fraude fiscale et contournement bancaire, pourrait déboucher sur des poursuites judiciaires si les faits venaient à être confirmés par les autorités compétentes.