Transition énergétique 2026 : le Maroc classé 72e mondial malgré ses ambitions vertes
Le Maroc poursuit sa transformation énergétique à un rythme soutenu, porté par d’importants investissements dans les énergies renouvelables et par une volonté politique affirmée de réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Toutefois, les derniers indicateurs internationaux montrent que les progrès réalisés ne suffisent pas encore à positionner le Royaume parmi les économies les mieux préparées à relever les défis de la transition énergétique mondiale.
Selon l’édition 2026 de l’Energy Transition Index (ETI) publiée par le Forum économique mondial, le Maroc occupe la 72e place sur 120 pays évalués, avec un score global de 54,5 sur 100. Ce résultat le place sous la moyenne mondiale de l’indice, fixée à 57,3 points, et met en lumière les obstacles qui subsistent malgré les avancées enregistrées ces dernières années.
Une évaluation globale de la transformation énergétique
L’Energy Transition Index ne se limite pas à mesurer la capacité d’un pays à développer des projets solaires ou éoliens. Il examine l’ensemble de l’écosystème énergétique afin d’évaluer la solidité des systèmes existants et leur aptitude à évoluer vers un modèle plus durable.
L’étude s’appuie sur 44 indicateurs regroupés autour de deux axes principaux. Le premier porte sur la performance actuelle du système énergétique et représente 60 % de la note finale. Il prend en compte l’accessibilité de l’énergie, la sécurité de l’approvisionnement ainsi que l’impact environnemental.
Le second axe, qui compte pour 40 % de l’évaluation, mesure le niveau de préparation à la transition. Il analyse notamment la qualité de la gouvernance, la stabilité réglementaire, les capacités d’innovation, les infrastructures, les mécanismes de financement et le développement du capital humain.
Un écart révélateur entre performance et préparation
Les résultats du Maroc révèlent un contraste notable. Le Royaume obtient un score de 58,4 pour la performance de son système énergétique actuel, mais seulement 48,6 concernant sa préparation à la transition future.
Cette différence suggère que le pays a réussi à consolider certains acquis, notamment en matière de production énergétique et de diversification des sources d’approvisionnement. En revanche, plusieurs leviers essentiels à une accélération durable demeurent insuffisamment développés, notamment les infrastructures, le financement des projets, l’innovation technologique et la formation des compétences spécialisées.
Une position africaine moins dominante qu’attendu
Sur le continent africain, le classement nuance également l’image d’un leadership incontesté du Maroc dans le domaine énergétique. Le Royaume se situe au cinquième rang parmi les pays africains couverts par l’indice.
Il est précédé par la Namibie, la Tunisie, le Gabon et l’Afrique du Sud. Derrière lui figurent notamment Maurice, le Cameroun, le Nigeria, l’Égypte, le Ghana, le Kenya et l’Algérie.
Cette hiérarchie montre que plusieurs pays africains ont réussi à renforcer certains aspects de leur préparation à la transition, en particulier dans les domaines réglementaires, institutionnels ou liés à l’investissement.
Une position intermédiaire dans le monde arabe
Au niveau régional, le Maroc occupe également une position médiane. Les Émirats arabes unis dominent le classement des pays arabes présents dans l’indice, suivis par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie.
Cette situation reflète des stratégies énergétiques différentes selon les pays, certains bénéficiant d’importantes capacités d’investissement destinées à moderniser rapidement leurs infrastructures et à soutenir les technologies de nouvelle génération.
Un ralentissement observé à l’échelle mondiale
Les conclusions du rapport montrent toutefois que les difficultés rencontrées par le Maroc s’inscrivent dans un contexte international plus large. En 2026, la progression de la transition énergétique mondiale marque le pas.
Le score moyen mondial n’a enregistré qu’une hausse marginale, tandis que l’indicateur mesurant la préparation à la transition recule pour la première fois depuis plus de dix ans. Les experts pointent plusieurs facteurs explicatifs : la montée des tensions géopolitiques, les contraintes budgétaires, les retards dans le développement des infrastructures, les incertitudes réglementaires ainsi que la pression croissante exercée sur les réseaux électriques.
Pendant ce temps, les pays nordiques continuent de dominer le classement mondial. La Suède conserve la première place pour la troisième année consécutive, devant la Finlande et le Danemark. L’Allemagne et la France figurent également parmi les dix premiers, tandis que la Chine, le Brésil et les États-Unis poursuivent leur progression dans le classement.
Les défis décisifs pour les prochaines années
Pour le Maroc, l’enjeu ne réside plus uniquement dans l’annonce d’objectifs ambitieux ou dans le développement de nouvelles capacités de production renouvelable. La réussite de la transition énergétique dépendra désormais de la capacité à renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur.
La modernisation des réseaux électriques, le développement des capacités de stockage, l’accélération des investissements privés, l’amélioration du cadre réglementaire ainsi que la formation d’une main-d’œuvre qualifiée apparaissent comme des priorités majeures.
À mesure que la concurrence internationale s’intensifie dans le domaine des technologies vertes, la capacité du Royaume à consolider ces fondamentaux déterminera son aptitude à transformer son potentiel énergétique en véritable avantage compétitif sur la scène mondiale.
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